kinesthésique

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jeudi 13 août 2009

Vieille, psychorigide et heureuse

J'ai des tics. Des tics, des tocs, des rituels pour la faire classe, des manies pour être honnête. Ensemble de petites habitudes, ritournelles et actes répétés quotidiennement en guise d'endiguement de mon angoisse intrinsèque. Dirait ma psy. Ben ouais, et même que si je les enlève, je serai encore plus angoissée, vu qu'ils agissent comme structure psychique de substitution (à mon absence de structure psychique fondamentale).

Par exemple. Je bois un verre d'eau tous les matins, avant de me lever. Ce qui implique que je l'aie rempli la veille en me couchant, et que je n'aie pas cogné dans ma table de chevet pendant la nuit, et que j'aie mis mon portable dans mon chausson par terre et pas sur ladite table de chevet, parce que je suis une pro du mix portable+liquide meurtrier. La dernière fois, mon clavier d'ordi a fait les frais de ma frénésie de coca light. Je bois un verre d'eau le matin, parce que ça lave le corps, ça fait draîner tout ça machin, vu que c'est le premier truc que t'ingères, ça fait double effet. (ouais, désolée pour les fumeurs du matin, c'est santé magazine qui l'a dit).

Ensuite, je vais acheter mon petit dej, qui se compose de deux galettes de riz nappées de chocolat, une barre de céréales noix de coco chocolat et deux au chocolat. Thé vert.  Avant, je me suis lavée, et j'ai mis un peu de fond de teint sur mon nez; après, je passe un coup d'eye liner et du fard si je suis motivée. Hop. Souvent, je mets l'orchestre d'istambul à fond, pour couvrir les beuglements des ouvriers roumains (qui bossent à pas d'heure, heureusement que je suis pas délatrice, y aurait des choses à dire).

A midi, pour le café, je prends 15 centimes et je vais acheter un carambar au kiosque à journaux avenue des Champs. Le mec me connaît, c'est l'avantage des rituels, il prépare sa monnaie.

En fait, ça me plaît,moi, je suis contente de les faire, ces rituels. Si ça se passe pas comme prévu, je m'adapte, je pète pas une crise de nerfs, mais je suis contente de les retrouver aussi après. Donc vieille, psychorigide, mais pas aigrie. Et vous, c'est quoi vos inmanquables?

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jeudi 27 novembre 2008

Masques de Venise sur les fronts, l'eau coule dans la rigole de la rue cabossée. Deux petites filles se courent après, la deuxième rattrape l'autre, elles s'arrêtent, ne savent plus pourquoi elles se poursuivaient. Un chat passe furtivement. Un petit garçon croise une jeune femme, qui comprend avec ses yeux. Le boutiquier tire sur sa clope, et regarde la rigole. les petites filles se font gronder parce qu'elles ont sali leurs robes. Le boutiquier sourit dans sa clope. Ecrase le mégot, et referme sa porte.

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mercredi 23 avril 2008

Tribulations d'une régimeuse à Paris

Mardi.

Joli matin. 400 calories. Elle grossit le chiffre. Gruge psychologique à destination d’un inconscient prépondérant dans cette affaire. 500, elle pense.

Midi. Pas terrible, le sandwich jambon fromage. Surtout sans le sel dans la salade verte. Détox, elle pense. Bon. Très bon, même, le total.

Soir. Sandwich au saumon et salade verte. Sans sel. Thé vert, elle pense.

Tiens, salut ! Ah, tu n’as pas mangé. Allons à la brasserie, j’ai déjà mangé, c’est pas grave, je te regarderai. Confiante. Après une journée pareille, le cercle vertueux enclenché, ça ne sera qu’une affaire de style, il suffit de passer le cap de la commande d’un élégant non merci, je ne prends rien, et l’affaire est dans le sac. Sac à puces. Mademoiselle ? Euh, une heu…italienne s’il vous plaît. Bien sûr, elle ne mangera que la laitue. Et puis, elle a pris la moins calorique des salades. Confiance. Odeur de frites sur terrasse à air printanier. Un verre d’eau. Laitue, verre d’eau, laitue. Laitue, verre d’eau. Bla, bla, bla. Laitue, artichaut, verre d’eau. Artichaut, laitue, verre d’eau. Laitue, cerneau de noix. Qu’est ce qu'il fout là celui là ? Quel rapport avec la laitue? Verre d’eau. Laitue, artichaut, cerneau, mozzarella. En face, Frank dévore, savoure, pris d’une fringale insoupçonnée, se met à parler du clafoutis aux poires du bistrot d’à côté. Mozzarella, morceau de pain. Morceau de pain, mozzarella. Et merde.

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jeudi 6 mars 2008

Le Noel de Mr Scrooge

Elle pensait qu'elle avait vécu. Elle s'est retournée. Elle a vu les masques, elle a vu l'ivresse, elle a vu les peurs. C'était net. Elle pouvait le dire. Excepté deux, trois moments. Elle avait menti toute sa vie.

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mercredi 6 février 2008

Le chêne et le roseau I.

Le type parle avec la fille. C'est un mec fort, solide, le genre à pas se laisser déborder par ses sentiments si ceux-ci ne sont pas rationalisables, tu vois. Ah toi non plus tu vois pas?... Ils parlent du nouveau type de la fille. Le type fort fait remarquer, il est pas sûr de lui ce type, ça se voit. Traduire : c'est le genre de mec à se laisser déborder par ses sentiments même si ceux-ci ne sont pas tout à fait rationalisables. Pourrait flancher. La honte, le faible, le petit efféminé, la tapette quoi. L'est pas fort, celui-là. S'pourrait même qu'il soit ému parfois. Ou même qu'il pleure des fois. T'rends compte ! Nan, là, c'est de la castration à ce niveau, faut fuir hein.

La fille dit rien.

Elle resitue tout doucement ses idées dans l'ordre où elles étaient avant. Les derniers premiers, les premiers dans le panier. David et Goliath, Goliath et David. Putain, ça fait du bien.

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mercredi 2 janvier 2008

persona non grata

J'ai été bannie du site xxxxxxxxx.com. Oui bon c'est sûr, la première question à poser c'est qu'est ce que je pouvais  foutre sur ce site complaisant, n'étant pas "ronde" de surcroit. Ce terme donne d'ailleurs un aperçu de toute la  vanité (au sens latin hein, quoique) et de la facticité du site : je gueule que je m'assume ronde pour oublier que je ne m'assume pas). Donc à une époque j'ai eu besoin de croiser des filles qui avaient les mêmes complexes et les mêmes fêlures que moi. Enfin ça c'est ce que je croyais. En fait, j'y ai vu un déluge de narcissime non dépassé, croisé des tas de gens complaisants, ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez dans leur douleur et n'ayant pas entamé un pouce de réflexion sur leur état. Alors j'ai été bannie : intuile de taire plus longtemps la raison majeure de cet acte: j'ai commis en effet quelque chose d'assez odieux. Oui, sur mon blog est écrit: va chier connard; et les gros mots, comme chacun sait, c'est pas bien. C'est discriminatoire, ça enlève leur dignitié aux gens, c'est un manque total de respect, immature en plus de ça. C'est très régressif comme attitude. On fait ça quand on n'arrive plus à être maître de soi, je crois. Donc, en guise d'excuses et parce que je suis quelqu'un de bien élevé au fond qui répond quand on lui adresse la parole, je vous suggère, d'aller vous faire foutre, sales grosses.

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vendredi 28 décembre 2007

Yael Naim, "Puppet"

Un joli moment, pas vraiment de commentaire à faire,j'adore, le côté pas trop lisse de la voix, l'émotion directe, le texte que j'imagine derrière.....qui n'est peut être pas celui là, j'ai pas bien écouté, mais bon....laissez-moi penser qu'elle parle de sa jeunesse de femme, de mère trop tôt, pas prète, et de ce fils qu'elle a confié, à qui elle dit, de partir, et de laisser tomber, pour, peut être, la rejoindre, en tout cas, vivre sa vie.

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Nicolas Fargues

C'est quand même fou, qu'à l'ère de facebook et du tout-disponible et du tout-accessible, ce soit pas possible d'envoyer un mail à Nicolas Fargues. Bon, ok, il est à Madagascar, ok, peut être il a pas envie d'être assiégé de lettres, après l'ouverture de soi notoire qu'il fait dans "J'étais derrière toi".

Donc Nicolas Fargues, il faut absolument que vous écriviez une suite à "J'étais derrière toi". Je veux savoir, si le narrateur est toujours mélancolique, je veux savoir, si le narrateur connaît mieux ses désirs et ses besoins, je veux savoir, s'il est toujours amoureux d'Alice, je veux savoir, si elle l'a déçu ou s'il s'est déçu dans cet amour.

Donc s'il est possible de passer une commande, voilà ce que j'aimerais : Alice et le narrateur au quotidien, le narrateur et sa mélancolie, le narrateur a t il réussi à exprimer ce qu'il porte en lui de justement mélancolique et perceptif (aha, sauf si le narrateur, c'est l'auteur, dans ce cas,je me tais), est ce que Alexandrine s'est guérie, même si bon, peut être que cela ne nous regarde plus. Est ce qu'on pourrait avoir aussi, une petite description de l'italie, savoir où ils se sont installés, savoir, quel métier fait maintenant Alice, enfin, je m'égare un peu dans les détails techniques, ce que je voudrais surtout, c'est réentendre cette voix, qui m'a portée d'un bout à l'autre du roman (ça y est, je donne dans le nian nian, j'ai pourtant essayé hein). En fait, je crois que je veux le mail de Nicolas Fargues, parce que je suis tombée amoureuse de cette voix, donc s'il pouvait, me présenter son narrateur, je lui serais extrêmement reconnaissante.

Parce que quand même, j'avais arrêté de lire, après pourtant de longues  années d'introversion lectante  (sais pas si c'est homologué par l'iufm ça:à vérifier) et suite à cette admissibilité amère à l'agrégation de lettres, qui m'a on peut dire, tiré mes dernières forces, usé ma réserve d'enthousiasme pour la chose, et dieu sait, si j'en avais, et si j'ai aimé, travailler sur Voyage au bout de la nuit, travailler sur Larbaud, Schnitzler, Gunter Grass, Proust, Baudelaire,Woolf, et j'en passe. Donc depuis cette promotion agrégation 2004-2005 , impossible d'ouvrir un livre, et pour un prof de lettres, ça peut vite être embêtant, surtout pour corriger les contrôles de lecture que vous donnez à vos élèves.(ça développe la créativité, ceci dit). Mais rien. Aucun roman, aucun essai, aucun roman même débile,même pas, la nouvelle de l'été Elle gracieusement offerte aux lectrices à l'été 2007.

En fait si, voilà ce que j'ai lu pendant ces, mm, deux ans quand même : Biba, Bien dans ma vie, Glamour, Elle,Cosmopolitain, DS (cherchez pas, je les ai tous faits). Une sorte de mort littéraire en somme. Un sabotage en règle.

Et là queqlu'un (bon pas n'importe qui, hein) me montre l'extrait de la 4è de couv du livre de Nicolas Fargues; avant de lire, je me dis, mouais, nan, mais je lis plus hein tu sais, pas la peine...Alors la littérature de maintenant....obscure, pétasse, laconique et si possible bien cryptée, et STYLEE, ah ben, comment dire, non merci quoi.

Et là je lis l'extrait, forcément j'ai envie de savoir s'il a trouvé l'auteure du petit mot, et  j'emprunte le bouquin, finalement, en me disant, que les mots fléchés, ça me tient plus dans le transilien, pas plus que les corrections de copies, je peux plus, donc bon, un roman, pourquoi pas, au cas où, si un petit con tire la sonnette d'alarme, entre Triel sur Seine et Chanteloup-les-Vignes, qu'il n'y a pas de chauffage dans le train et que ça me fait louper la correspondance à Conflans pour Paris st Lazare. Une fuite possible quoi.

Bon, ben ça a été bien plus qu'une fuite hein.

Posté par kinesthesique à 14:43 - Fil du jour - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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