mercredi 30 septembre 2009
ok...je vais crever dans mon jus, toute seule comme une grande
locked in syndrom
je vais imploser
jeudi 17 septembre 2009
scène de la vie borderline
Quand vient le moment de rentrer chez moi après le boulot, c'est dur : le trajet est une épreuve sans nom (je n' exaggère pas). L'intensité de la souffrance dépend de mon niveau d'énergie du jour (qui lui dépend de mon sommeil, de trucs externes mais surtout de fluctuation d'humeur que je ne maîtrise jamais). La rue, d'abord- le trottoir, le fait de croiser des gens, rien que ce simple fait : savoir comment les croiser sans les heurter, et savoir affronter leur regard, le négliger ou réfléchir à choisir lequel des deux. Ne pas s'effondrer intérieurement à chaque regard froid ou neutre (pas besoin qu'il soit ostensiblement malveillant). Ensuite, le métro. Se tenir. Choisir sa place. Culpabiliser d'être debout, de prendre trop de place, de bloquer une entrée, de frôler quelqu'un, d'être mal maquillée, d'être mal coiffée, culpabiliser d'être là tout simplement, d'exister.
Souvent, c'est dans ces moments là que grandit une insécurité intérieure énorme. Je panique à l'intérieur, j'ai chaud, je voudrais fuir, je ferme les yeux, parfois quand c'est intenable. M'asseoir sur un strap est un soulagement quand je le peux. Je n'ai jamais (de ma vie) été m'asseoir sur les sièges du milieu où les gens sont quatre à quatre.
C'est dans ces moments de trajets où tout s'écroule à l'intérieur de moi, que je fais une pause à la boulangerie pour "chercher du réconfort"; précisément pour "m'accompagner", pour ne pas être toute seule dans ma panique, pour mettre quelque chose autour, pour la protéger. C'est toujours ça la première tablette de chocolat, la première boîte de biscuits. La dernière fois, c'était mardi soir. Rentrer du boulot, j'ai tenu. Arrivée chez moi, je devais prendre mon sac de fringues et aller à la laverie et ce sans pause (or faire une pause dans mon "antre" m'aide à reconstruire mon intérieur avant de ressortir dehors, à l'extérieur, dans les "gens"). Je suis sortie, j'ai fait 500 mètres (cette rue est pleine de rebeus et d'actifs trentenaires qui rentrent du boulot), j'ai mis mon linge dans la machine et j'ai filé acheter des barres de céréales. Etre dehors au milieu des gens, sans "protection" me rendait dingue. Comme si ma peau ne suffisait pas, comme barrière naturelle, comme si tout (enlevez le comme si) pouvait m'atteindre, précisément m'entamer. J'ai racheté des biscuits, encore, encore. J'ai séché mon linge, j'ai acheté du lait et des céréales, et encore des biscuits, comme un carburant pour pouvoir rentrer jusque chez moi. J'ai picoré mon carburant en état de semi panique jusqu'à la porte de chez moi. La suite de la crise boulimique, c'est juste l'engrenage, la culpabilisation, l'énervement d'en être là, de se voir désarmée "pour si peu" (au vu des critères "normaux").
Un jour, j'aimerais que les gens qui croient que je ne fais pas d'efforts (il y en a moins maintenant que j'essaie d'expliquer à mes proches notamment), ou que ce que j'ai "ils l'ont aussi"'c'est ce qu'ont 80 pour cent des gens et que je ne prends pas assez sur moi, j'aimerais que ces gens vivent une demi seconde de ce sentiment de panique dehors. Et puis bon surtout, j'aimerais arrêter de m'écrouler devant ce qui n'est que le simple déroulement de la vie : des gens qui passent...
Aujourd'hui, ça va mieux- : )
mercredi 16 septembre 2009
un beau fiasco dont je suis l'unique auteur
j'espere que je vais avoir la grippe A et crever
j'ai une vie de merde !!!
ah ça va super bien ce matin. Pris 10 kilos en un mois, commencé le prozac, boulot de merde, l'autre pouf a été nommée au poste à ma place, le connard de patron me prend toujours pour une blonde, j'ai passé 8 jours à boîter et à la radio rien n'apparait,je ne peux plus faire de course à pied, toujours pas de mec et je suis à -300 sur mon compte en banque, nan, franchement, c'est top. Ca pourrait être pire, je pourrais avoir le sida.
lundi 14 septembre 2009
hey hey. Je m'étais rendue compte, aussi parce qu'on me l'a dit, que mon blog reflétait pas trop ce que j'étais. Bon, peu importe ce qu'il reflétait mais je sais en tout cas que souvent je me bridais pour fabriquer un post pepsy, genre je suis une trentenaire marrante, qui vit des choses dures mais avec du recul et de l'autodérision. Alors pour me connaître réellement il faut savoir que je n'ai aucune autodérision. Je n'ai pas beaucoup d'humour en temps normal, mais alors quand je souffre, je n'ai aucun recul. J'ai mal et je ne peux que me plaindre, crier, râler, péter un plomb, faire des reproches, engueuler les gens qui m'appellent pas, dire que je vais mourir. Donc comme ça c'est clair, vous ne me confondrez plus avec Pénélope Bagieu ou ses consoeurs optimistes.Ne comptez pas sur moi pour prendre sur moi par respect pour la terre et mes semblables : quand je prends sur moi, (à savoir les trois quarts du temps, quand même) ce n'est jamais par altruisme,c'est par honte. Honte de la vulnérabilité, de la faiblesse, de ne pas être joyeuse, courageuse, énergique, épanouie, détendue. De flancher pour le moindre truc. D'être sensible à tout tout le temps et dans des proportions ingérables. J'ai été diagnostiquée porteuse du "trouble de la personnalité borderline" il y a deux semaines, grand choc, et typiquement, je n'ai rien écrit ici ou presque. Quand j'écris ici, c'est que je suis en reprise de mes moyens, du "contrôle" et donc de cette putain d'image de fille pepsy que je place sur un piédestal (mais d'où ça vient?) pôle plus, pôle moins, parce que je suis meilleure en mélancolie, en vrai? ou parce que j'ai les deux faces? En tout cas, ça va cesser, je vous promets. Je vais bien vous plomber sévère quand j'aurai envie de pleurer et raconter plein de sales trucs intimes personnels au plus près de mon âme bien mise à nue écartelée, crado, complaisant, autoérogène - bon - ok - j'ai un sujet d'énervement là depuis deux semaines, aussi : "j'ai lu ton blog, mais c'est très personnel, moi j'ai du mal avec ces pratiques, je trouve ça facilement égocentrique, narcissique".
.. !!! ppppp XXXXXXX GGGGGGG FFFHFHTHTHTHTHTHTHT GHGHGHGHGHH
Ouais. Ce genre de réflexion me hérisse. Un, personne te demande de lire ce blog si ça te fait chier. Deux, je et moi, en écriture, t'en sais rien à combien de pourcent c'est vraiment moi. Moi, c'est un concept, un ensemble de postures adoptées dans la vie quotidienne, avec les proches, dans les actes, dans le passé, dans le présent, et par dessus la réflexion portée sur moi qui vient se rajouter, ce qui fait que moi , ni toi ni moi on ne sait qui c'est, je trouve donc assez malvenu de le traiter de personnel et intime. Trois, c'est intime, c'est personnel, et alors? Quatre, est-on franchement habilité à et légitime de parler d'autre chose que de soi? Y a-t-il un endroit, un domaine, à propos duquel on puisse être le mieux habilité à s'exprimer avec radicalité? (Encore qu'on ne détienne pas la vérité sur soi). Bref, cette pseudo pudeur qui utilise le reproche facile de "ah c'est narcissique, hein", je la trouve aussi inutile que dénuée de fondement. Objectivité, optimisme, neutralité, vous êtes mignons tout plein, c'est vrai que la vie avec vous ce serait vachement plus léger, mais là, c'est comme..hors sujet. C'est dingue, j'ai plus rien à dire et je suis là en train de vaguement chercher une chute pour rendre ce post sympa, mais non bordel!! je vais vous laisser en plan !! je vais vous ennuyer.
vendredi 11 septembre 2009
En fait non, j'y suis encore. Ca n'a plus de fin. Le recours à ma drogue est permanent. Avant je parlais de crise, le mot est obsolète, elles sont devenues le quotidien, et les jours sans crise sont devenues des intermèdes, rares. Je perds l'estime de moi, je disparais sous mes fringues, je fuis les regards, rue, métro, le sens qui était intermittent a disparu, je suis résignée,je serai obèse sous peu, juste pour faire plaisir à mes proches. "tu vas t'en sortir", "la roue tourne", "courage, on en guérit", vastes conneries débitées par ceux que la mort d'un proche effraie ou qui se sentent obligés de te retenir de toutes leurs forces ici alors que tu n'aspires qu'à partir, par une sorte de morale absolutiste de la "vie quoi qu'il arrive" qui n'a d'autre arguments que leur propre peur. Imagine, si je mourrais, leur culpabilité de vivants-"nous n'avons pas tout fait pour l'aider la retenir", "nous avons échoué".
mardi 8 septembre 2009
Perséphone
Bon, cette semaine j'ai été voir au fond du gouffre si j'y étais (j'y étais). I'm back.