kinesthésique

écriture-son-

mardi 25 août 2009

ce post là, je pensais que je n'aurais jamais à le faire, je plaisante pas. Moi, la fille qui tombe pas dans les clichés, qui lit la presse féminine mais d'un oeil supérieur, condescendant, Héra qui regarde les petites mortelles parler de kilos en trop, d'acide hyrulique, d'abdominaux avec un ballon en mousse, de réussir sa rentrée, de dégoter les plans pas cher, tout ça en assumant parfaitement ses plans chers, ses abdos inexistants, sa petite peau lisse qui la fait (pour l'instant) passer pour une jeunette, son absence de cellulite (bizarrerie génétique probablement dûe au fait que chez nous, mère et filles, on relève plus de l'amazone squaw des plaines artémisiennes que de la philomène virginale à peau blanche (et cellulitée) (parce qu'elle chevauche pas les plaines, ni ne chasse). Quoi, amazone, j'ai ma réponse? Bon. Donc. Ca a commencé par ma meilleure amie, copine de colocs, de goûters chocolat froid à écouter du joan baez sous le poirier au lieu de réviser les partiels. Celle avec qui on devait faire le couvent, c'était prévu, même que ç'aurait été un super couvent révolutionnaire.  Paf, deux gamins. Mais elle, c'était prévisible, elle le disait déjà, je veux un mari, et fonder une famille (à l'époque elle n'avait pas embrassé un seul mec- deux ans après, elle rencontrait son futur mari,à la piscine, et j'étais là, dans la piscine, l'espace temps fait des trucs bizarres, je vous dis, vraiment bizarres). Ensuite, effet sucre (pour ceux qui connaissent pas, existe aussi avec les dominos): trois de ses copines (et des miennes par alliance) se mettent à en faire aussi. Ma cousine plus jeune me sape l'herbe sous les pieds (celle avec qui j'ai couché à onze ans, salope) (aucune reconnaissance) et enfante donnant le plaisir (unique) à feu ma grand mère de voir au moins le premier de ses petits enfants. Après, comme quand tu enfonces une porte ouverte, toutes les autres s'ouvrent à l'aise blaise, tout le monde s'est mis à faire des gosses. Mes copines de  prépa, de fac, mes ex. Voilà, j'y suis, en plein dedans, le cliché éculé, le pré blanc émaillé de pâquerettes, le ciel constellé d'étoiles, le galvaudé du galvaudé, le poncif du poncif ( juste pour le plaisir, y a des mots comme ça, sinon je les oublie, faut les réactiver, et dire la même chose de trois façons, c'est vachement plus marrant, et puis c'est pas la même chose, y a des nuances, tout ça c'est la faute à Monsieur Garapon, la promo lettres de Brest s'en souvient, et puis ça fait moderne, les phrases à rallonge, à ponctuation  inadéquate, c'est comme ça, c'est style, ok, je me tais),  en deux mots, le lieu commun des lieux communs: mon premier mec, depuis hier, est père. Encore, heureusement que j'habite paris, terre d'errance des âmes seules, parce qu'en province les gars, ça se case plus vite que ton ombre, sauf si t'es agriculteur, alcoolique, ou pauvre, ou les trois. Ce mec, c'est le premier qui m'a prise dans ses bras, qui m'a dit que j'étais jolie, plus jolie que mes trois copines, lui qui n'a pas voulu que je le largue, qui a suivi en voiture le car qui m'emmenait en pélé aux JMJ sur un coup de tête, qui m'a fait découvrir l'intimité à deux (d'habitude je joue moins de la périphrase) (ce post est décidément  très étrange) le petit truc dans le coeur quand il se présente à ta porte et que là, c'est sûr, il vient pour toi et il va t'embrasser, lui qui m' a montré qu'entendre je t'aime, c'était pas forcément agréable, bien que j'en aie rêvé toute mon enfance (paix à son âme). Je ne parle même pas de mon jeune frère, qui est actuellement en train de mijoter quelque chose dans sa longère retapée avec sa copine néo pacsée, qu'il croit pas le faire en douce non plus hein. Ce soir, c'est la complainte de la célibataire (c'est lâché). J'ai même regardé Une Bouteille à La Mer, Message in A Bottle, avec Kevin Costner. Et pire, je sens mon corps et mon coeur (jamais su faire la séparation de l'église et de l'état) se rapprocher de mon collègue de travail du service courrier, quasi sexagénaire de son état, mais séduisant, et puis je suis à fleur de peau, karma, grouille-toi, je suis au climax, à l'apogée, au paroxysme de ma beauté, de mon chi et de mon métabolisme, je suis une force vive, tu peux pas me laisser comme ça, et si ça se trouve, tout se déverse dans mon blog et il me pompe ma jeunesse et dorian gray et benjamin button et aaaaaah (chute).

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j'arrête les mecs

Bon c'est décidé, j'arrête les mecs. J'entretiens une relation intermittente (du spectacle) avec un mec depuis trois, quatre ans (j'ai un peu de mal avec l'axe temporel, c'est pas nouveau, dyslexie intempestive, j'essaye même plus) et il y a trois, quatre ans je m'en fichais pas  mal de me caser, estimant n'avoir pas épuisé mon droit à la découverte masculine (j'ai un lourd passif d'intello qui-en-a-rien-à-foutre-des mecs à part pour jouer au loup, aux gendarmes et aux voleurs et pour se laisser copier dessus au premier rang du cours de français), donc le touche pipi, j'ai pas connu (à part avec ma cousine, mais ça compte pas), les plans culs, c'est un peu comme la Norvège, intrigant, neutre et source de perplexité, et bon bref, je ne voulais pas me caser, comme on dit, parce que j' aime bien  jouer, ça oui par contre, tomber amoureuse, m'inventer des romances avec des inconnus, les commencer, mettre des lettres sous la porte, fantasmer sur mes collègues de travail ou sur le type à la table d' en face, promesses d'un monde inconnu, vaste et insoupçonné de complicité amoureuse, sexuelle et tendre, déclencheurs incarnés de mon utopie d'âme soeur, bref, je voulais pas me caser. Sauf que maintenant, j'ai trente ans, j'en ai marre de mon 20m2, je veux une bâtisse avec une cheminée, un jardin immense et bordélique avec plein d'arbres sur lequels on pourra monter, des balançoires pour les adultes, des fleurs et même si ça se trouve un potager, des chaussons dans l'entrée, bon ce sera funk et glamour et libertin et tout ce que tu veux, mais quand même ça s'appellera un foyer, parce que je suis cancer et que les cancers aiment le foyer, et puis merde, parce que j'en ai envie.

C'est là que mon intermittent du spectacle se réveille et me trouve trop de névroses pour "envisager raisonnablement un avenir concret ensemble"-attention, hein, j'ai pas parlé des chaussons et du jardin, j'ai juste prononcé "T3" et "colocation", mais j'ai bien fait, parce que je suis fixée. L'alchimie des corps, celle des coeurs même ne débouche pas à tous les coups sur la fusion immobilière. Of course (mais j'ai 17 ans, moi, faut tout m'apprendre).

Je me tourne vers mon autre coup de coeur potentiel (y en a pas trente six, et justement, j'aurais mieux fait de mieux approvisionner mon panier, pour ne point me sentir dépourvue quand la bise fut venue, mais je suis pas prévoyante comme fille, pas pragmatique non plus, pas méchante mais putain qu'est ce qu'elle chiante, sauf que dans la chanson il l'aime, la louise) et donc mon coup de coeur des bois, lui, fantasmait sur un retour à la terre, type giono et gionette dans le bordelais avec une culture d'algues, de la littérature et l'amour dans la cabane en bois, pas chauffée avec la transpiration, les cheveux emmêlés, quelques amants si il faut, peu de mots, juste des mots simples, crus, qui parlent du pain brisé à la main, du temps qu'il fait, de la rosée sur les plantes, pudique, laconique, la vraie vie quoi. Fantasme approuvé, je me précipite (comment ça, c'est le problème) et le coup de coeur se débine, ben oui, une femme active, volontaire et qui pourrait concrétiser un rêve, c'est pas bon, parce que les rêves pour rester beaux doivent rester rêves, les plus beaux livres sont les livres qui ne sont pas encore écrits, et puis si ça se trouve, les plus beaux des plus beaux sont ceux qu'on n'écrira jamais, et puis on mourra avec le sentiment grand et tragique du ciel qui se retire, de l'amour qui fuit, du bonheur qui s'échappe, vachement plus sexy.

Double déception donc, en plein dans ma face de midinette énamourée. Putain ! mais je suis célibataire !

Donc j'arrête les mecs. (je vous vois venir, je commence pas les filles non plus). Donc je vais trouver un super travail qui me fera gagner un super salaire qui me fera construire la super bâtisse qui me fait rêver et où je mènerai une vie super de femme sensible, autonome, artiste peintre, psy, pianiste, écrivaine, subversive, belle, sauvage et rebelle, pas botoxée, pas mère, reine de la masturbation, libre et plus tard on parlera de moi comme la nouvelle georges sand (en plus jolie), la nouvelle louise michel (en moins politique), la nouvelle virginia woolf (en moins fumeuse), la nouvelle camille claudel (en moins suicidée) , bref, je serai un précurseur, et mon nom fera rêver les jeunes filles en mal de destin. Do not think it's just words.

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dimanche 23 août 2009

J'ai trouvé le problème. Globalement les gens m'aiment parce que je suis sexy, marrante, sympa et très disponible. Surtout sexy. Forcément j'ai fini par m'aimer "parce que je suis sexy", marrante, sympa et très disponible. Voire à encourager ces travers chez moi.Genre, tiens, ça ça marche pour se faire aimer. Une sorte de marque de fabrique que je me suis faite. Sauf que quand je me retrouve à  prétendre à autre chose, à une reconnaissance de mes capacités pro, à de l'amitié, à de l'amour, ça ne fonctionne plus et je me retrouve dans une incompréhension totale (vu que je fais la fusion dans ma tête de noeud, entre reluquée, attirante et aimée). (ouais, je sais, normalement on apprend la différence à 15 ans à son premier chagrin d'amour. faut croire que j'ai loupé l'étape).

Je précise que j'ai rien d'une bimbo et que depuis que je suis petite, mon étiquette numéro un c'est l'intello. Jusqu'à y a trois ans, où j'ai décidé de commencer à avoir le droit d'être jolie, et reconnue pour ça. C'est là que ça a dû merder. Là tout de suite, j'ai envie d'envoyer chier tous les connards qui veulent partager mon cul et pas ma vie, foutre un pain aux sourires débiles de mon DG qui me prend pour une secrétaire légère. Sexy, marrante, et délicate, avec ça.

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tout ça n'a aucun sens

Dimanche. Mon ex que je pensais encore amoureux et avec qui je m'installerais bien, me dit qu'il n'a toujours pas changé d'avis, que je suis instable professionnellement, souvent asociable, et que pour ces raisons il ne veut pas qu'on soit ensemble. Dimanche, j'ai promené mon vide et mes démons, parce qu'il n'y avait que ça à faire (ou manger des magnums). Il est à noter que, malgré ma récente et voyante prise de poids, je dois rester appétissante d'après les commentaires dans la rue, ce qui ne m'aide pas à reprendre le contrôle sur ces kilos en trop, merci les gars.

Dans ma tête, il y avait ça :

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et aussi ça :

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Pour pas être emmerdée j'ai mis mon short court qui me fait des jambes de

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Evidemment je n'ai croisé que des allégories de ma légère mélancolie :

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Il fut notamment très difficile de ne pas surinterpréter les signes que le destin posait de façon tout à fait mesquine sur mon chemin :

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Ma part manquante se rappela à mon souvenir dans le locus amoenus où mes pas me portèrent malgré moi :

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   En bonne néo-rousseauiste que je suis quand je suis mélancolique, chaque lieu, chaque activité me rappelaient qu'ils auraient été géniaux à faire à deux.

      DSC02402         

                                                                                              "hè, on est tous en couple, on   s'éclate, sauf toi.       DSC02404                DSC02408

(ils me narguent)

Même Papi ramait pour son amoureuse       DSC02405

C'était beau -         DSC02407                  DSC02410

                                    DSC02411    et chiant comme la pluie.

En rentrant, double ration de sandwich au cheddar. J'avais personne à embrasser. Je suis bloquée au stade oral, on dirait.

Ma mise en page est très nouvelle vague

(il n'y a pas de chute)

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samedi 22 août 2009

Bonheur, joie, énergie, soleil, optimisme, et autres dictatures

Précaution de départ : prôner le droit à être triste, énervé, déçu, vaseux ou mélancolique, ce n'est pas se refuser le droit à l'enthousiasme  (je suis moi même facilement enthousiaste). Non ce que je veux pointer du doigt, c'est cette espèce d'interdit tacite, cette manie sociale très années 2000 qui consiste à voir la tristesse comme honteuse, "à cacher". (ah mais non, je vais très bien, je n'ai pas de problème, je suis quelqu'un d'équilibré, ma vie est heureuse, etc) - ce qui souvent est, au mieux une illusion de la part du déclarant, la plupart du temps un mensonge éhonté, just bullshit pour se défendre de la "honte" qui consiste à "aller mal" , être vulnérable, faible ou pire dépressif. (A noter par ailleurs qu'il n'est écrit nullepart qu'être triste est ne pas être équilibré. C'est plutôt l'inverse qui m'inquièterait.)

Pour moi, toutes les émotions font partie de l'homme. Elles défilent comme une animation climatique, de nuages en éclaircies au long de la journée, de la semaine, du mois. Naturelles et nécessaires comme le sont la pluie et le soleil.

C'est pourquoi je ne supporte pas le déni.

Or, je constate chaque jour combien il est de (très) mauvais goût d’afficher une émotion dite «  négative », quelle qu’elle soit. Colère, déception, dégoût, tristesse, mélancolie sont persona non grata dans notre époque dynamique, positive, basée sur la méthode coé, l’illusion et, plus grave, le déni (de souffrance). Il est très mal vu de dire qu’on ne va pas (alors s’aventurer à détailler ce qui ne va pas et comment ça ne va pas…attentat contre la pudeur) et en revanche, de très bon ton , au nom d’une discrétion qui semble avoir été déclarée de salubrité publique, de  « garder pour soi », « prendre sur soi », « ne pas polluer les autres avec nos problèmes ».

Combien de vos collègues de travail (bon, excepté le geignard de service, celui dont le mode d’expression est bloqué en mode plainte lancinante depuis des années, si bien qu’il s’y sent exister et que l’en priver serait dramatique) oseraient répondre non, à un ça va ? non, à un bon week end ? Combien se tordent d’un sourire laborieux, la plupart du temps réussi à force de conditionnement, alors que la figure intérieure exige, crie une grimace, une moue, une fermeture, un regard vague, perdu ?

Pourquoi, dès qu’on a une « baisse de régime », on nous balance le set : va faire un tour, vois des amis, sors un peu, fais une cure de magnésium, voire, quel « lunatique » celui-là ? Si le bonheur était accessible en kit, ça se saurait. Enfin, ça n'empêche pas les gens d'y croire et de se jeter sur le rayon fnac "optimiser sa vie en 15 recettes", et autres méthodes superficielles qui ne prennent pas en compte les racines profondes des freins au bonheur (la plupart du temps, issus de la petite enfance, très complexes et souterrains, nécessitant des analyses approfondies et des réparations par la thérapie). Ca me fait bien marrer. Façon de parler. Ca m'exaspère.

Les émotions sont des expressions vitales pour l'être. Je ne dis pas qu'il ne faut pas essayer de les soigner, d'aller mieux. Je dis qu'il faut d'abord les laisser vivre, s'exprimer; les accueillir comme signe venant de soi, reconnaître : ok, ça, ça ne va pas; ok, là, j'ai mal. S'accorder de pleurer si c'est ce qui vient.

Toute aggravation d'un conflit interne ou d'un nuage tristoune provient du fait qu'on a tenté de "couper" son apparition, sa manifestation. Certains sont très doués pour ça. Quelque chose m'embête, commence à m'atteindre dans mes émotions? Hop, fuite, hop, changement de sujet, hop, mise à l'écart. Pensant naivement s'en tirer comme ça, ils refoulent ladite émotion qui elle, tentera de "sortir" à nouveau par la suite, et ce, jusqu'à ce que ça dégénère si elle n'est point reconnue-cancer, tumeur, ulcère, etc.

Sois bien, sois mal,  sois toi.

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mercredi 19 août 2009

J'aime pas les féministes

(et j'assume).

On est en train de vivre une drôle de période de transition chez la femme contemporaine, rapport à l'image de la femme, la prise de conscience, par elle-même, de son identité. On est en pleine révolte infantile : "pourquoi une femme devrait-elle être réduite à sa seule beauté ou apparence physique" NIEN NIEN NIEN

(rien que de l'écrire putain..ça m'énerve!!!) on dirait des gamines adolescentes qui s'insurgent sans se rendre compte qu'elles se plantent de combat.

Merde. Maintenant, dans la bouche des trentenaires féministes combattantes, par une sorte d'argumentation inversée il faut s'appeler marie curie, ne pas se maquiller, militer contre le pouvoir politique congolais et si possible se faire enfermer/prendre en otage/porter un treillis/n'écouter que son courage, traverser l'atlantique en radeau sans assistance et sans état d'âme,pas pleurer et bouffer du plancton pour avoir droit au nom de Femme.

Bordel de merde! pensée primaire de merde! si c'est pas noir, ah ben c'est blanc euuuuuh. putain! l'âge nietzschéen du Dromadaire, il est pas super glorieux, mais l'âge du Lion, c'est pas l'aboutissement non plus.

Il faut de tout pour faire une femme. OUI une femme, ça a une affinité avec l'esthétique, la beauté, une finesse de sensibilité, une perception nuancée, complexe, et peut être même bouchez vos oreilles DOUCE de la réalité, attendez j'ai pas fini, une femme, ça peut parfois être, ...MATERNEL. Scandale. Oui, une femme, c'est pas comme un homme et ça le sera jamais. C'est ça, ET AUSSI des défis sportifs, ET AUSSI un cerveau scientifique si tu veux, ET AUSSI un diplôme de pilote de chasse SI ELLE A ENVIE. Merde, faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

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mardi 18 août 2009

trente ans et 37 jours

Putain.

Cette fois c'est sûr.

J'ai des pattes d'oie

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lundi 17 août 2009

Du bon usage des concepts de dope et d'arrogance

J'ai pas la télé, mais j'en ai trouvé une hier. Ex-athlète moi même et ayant tendance à considérer l'athlétisme comme le sport le plus complet et le plus noble de tous (vous pouvez toujours essayer d'argumenter sur ce terrain-là avec moi, c'est peine perdue), j'étais évidemment postée devant france 3 hier à 20h15, pendant que les mecs jouaient bruyamment au poker en mangeant des chips aux crevettes, et j'ai eu le droit quand même à mes 9 secondes 58 de silence pendant la course-le sentiment du sacré subsiste dans notre société, sous des formes différentes, c'est tout.

Il a fallu évidemment se farcir les clichés télévisuels habituels, des commentateurs "medium", relais de l'"opinion publique", la doxa, la pauvre doxa qui regarde pas plus loin que le bout de son nez, la doxa empêtrée dans sa jalousie, ses raccourcis de pensée  et sa facilité paresseuse, débiter : Usain Bolt est arrogant et hautain. Usain Bolt en a juste rien à foutre de se la jouer athlète sérieux qui joue sa vie sur sa course (Stéphane Diagana, à l'époque, à un journaliste qui lui parlait de sa course,gagnée,comme du plus beau jour de sa vie -pardon, François, mais c'était Nelson j'en ai peur-: "mais pas du tout, non, le plus beau jour de ma vie, c'était la naissance de mon fils"), donc Usain Bolt, de la même façon, ne se prend pas pour le dieu grandiloquent et dramatique du stade olympique. ça le fait juste marrer de gagner, il aime ça, il aime que le public l'aime, il gagne du fric, tout ça l'éclate, et il le montre, dans une sorte de franchise candide et je m'en foutiste que je trouve fraîche et vachement saine en fait.

Parce que merde, faut arrêter, y a un problème avec le genre du commentaire sportif à notre époque pauvre en émotions spirituelles. Je lisais pas plus tard que ce matin, et apprenais avec stupeur qu'hier devant mon écran j'ai eu rien moins qu'un orgasme :

"Il y a d'abord un silence. Un silence surréel qui écrase la vieille enceinte olympique de 1936. Quelque 70 000 personnes se figent… Le public se prépare à vivre un moment historique : apercevoir un "éclair" sur une piste bleue. Un coup de feu et des cris d'hystérie s'élèvent pour guider, pendant 9 secondes et des poussières, un géant dans sa course contre le temps. Lorsque le Jamaïcain franchit la ligne d'arrivée, c'est l'extase. Dimanche 16 août, vers 21 h 45, 70 000 personnes ont connu un orgasme et assisté à un record jusqu'alors impensable."

Alors, je sais pas si c'est pour copier les Américains (les Français ont un gros complexe par rapport à l'Amérique depuis toujours et une relation de haine-amour qui leur fait faire des choses tout à fait contradictoires à son égard) ou un vieux reste de gaullisme mal digéré mais c'est la mode, en France, de prendre un ton épico-lyrique, exalté, d'en faire trois tonnes quoi, quand on se targue d'être "journaliste" ou "commentateur" et de relayer la liesse populaire. Il serait bon à mon avis de laisser le registre épique à la guerre de Troie, à la Chanson de Roland et à la rigueur au récit du Dday pour faire plaisir à feu mon grand père. En revanche, si le type qui a écrit ça ne sait manifestement pas ce qu'est un orgasme, il croit mordicus frapper fort en débitant ces ampoulades rhétoriques. Faites bander vos lecteurs, vous les possèderez. Du fort, du trash, des mots violents, de la subversivité, de l'éclat, tiens et on va parler de dope, c'est choc, c'est du travail de journalisme d'investigation, ça, au moins. Forcément, Bolt est dopé, sauf que les gens pas trop cons ne s'en étonnent pas, quand ils ont compris que tous les sports pro fonctionnent avec de la dope. Même les vélocyclistes du stade lesnevien benjamins et les cadettes du stade lesnevien athlétisme peuvent en témoigner et pourtant, lesneven, c'est pas berlin et c'est peu dire. Bon, sur ce, je vais faire un footing, et vous salue bien bas.

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dimanche 16 août 2009

J'ai pas pu résister

Allez, demain, footing.

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énorme

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