kinesthésique

écriture-son-

jeudi 30 juillet 2009

I LOVE Paris

En tant que jeune femme ne détestant pas s'afficher en écrivain, je devrais dire que Paris, c'est la ville pittoresque, class, de ce charme indéfinissable latin, classique, élégant, mâtiné de traditions françaises. Il est de bon ton d'aimer son joyeux bordel, son cosmopolitisme, son côté bric à brac hérétoclite, sa poésie. Je devrais dérouler les clichés romantiques, le pain (qui est à se tuer, c'est vrai), le vin, les restos (un paradis pour boulimiques hyperphages) la richesse culturelle, l'écrasante et puissante Histoire, omniprésente, les fruits de mer, quasi tous au niveau des bretons (vu qu'ils sont à ringis presqu'avant d'être au leclerc de kerlouan) sauf le tourteau et les langoustines qui sont de vagues plaisanteries desséchées qui feraient bien rire ma grand mère, mais les cafés toujours ouverts, le soleil couchant sur la place de la Concorde, les tuileries ravissantes et le marais faussement je m'en foutiste, le canal saint martin en mode cinéma bobo-bio-éthico-artiste, la truculence bordélique de montmartre, la gouaille de pigalle et tous les petits coins cachés de paris (hommage) (une minute de silence).

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Mais moi j'en ai ras le bol d'habiter à Brazzzaville. On pourrait me dire, barre-toi du 10è, mais y a pas que là.- J'en ai appris largement plus ici sur les perruques afro, l'onglerie antillaise et le port du string lamé et de la sandale compensée que sur les batailles de la Commune et le passé napoléonien, y a pas à dire là dessus. Je suis calée sur le poulet korma, tikka massala, même le butter chicken, et je sais comment sont faits  nans fromage et consorts. L'art de jouer des coudes, des pieds et des épaules pour se frayer un chemin en apnée jusqu'à chez toi. La position exacte que doivent avoir tes pieds selon l'angle de ton assise de jambes -rarement atteignant la perpendicularité, plus proche de 30 degrés afin de ne pas te faire écraser par un caddie roulant de ménestrel (ligne 9), une poussette mac laren (ligne 11) ou une brouette castorama verte emballée (ligne 4). Tu sais maintenant que les mendiants ne veulent pas vraiment de tickets restaurant et qu'autant que t'ailles les utiliser chez pomme de pin à ta pause. D'ailleurs tu sais que les mendiants se relèvent, que les bosses s'aplanissent, que les traits se détendent lorsqu'ils descendent de ta rame sans savoir que toi, tu les regardes encore. La magie de Paris. La Cour des Miracles. Tu sais maintenant avec précision distinguer le roumain du serbe, du russe, de l'arabe, de l'indien et des différents dialectes maliens en concurrence aigue sur l'expression salope t'es trop bonne. Peut-être même, comme moi tu as appris à répondre dans un russe presque pas douteux, va te faire foutre, toi qui me complimentes dans mon oreille une fois que je  t'ai dépassé. (rouler les r et rajouter -ov à la fin) Et puis à Paris, t'as chaud, et tu sais pas pourquoi. Au début tu crois naivement aux bienfaits du climat, à la convivialité des foyers, au confinement. (tu es pur). Puis tu réalises qu'il y a une triple explication à caractère scientifique à tes bouffées de chaleur, une fois que tu as écarté la ménopause, car tu as encore 10 ans pour faire tes 4 jumeaux, et garder un ventre relativement tendu (vu que dans l'ordre logique tu dois d'abord rencontrer l'homme avec ton ventre relativement tendu, ta peau de tambour et qu'après le cap où tu l'as dans tes griffes, compter quelques jours à quelques années suivant le morceau, tu vas pouvoir te détendre un peu et t'acheminer lentement et subrepticement vers la mégère distendue, au pouvoir castrateur inchangé, heureusement). Donc tu comprends qu'il y a les pots d'échappements, l'haleine des gens, et que ce que tu prends pour un sirocco presque bienvenu dans cette fournaise, c'est la bouche d'évacuation du franprix de Magenta. Passe-partout, passe-temps, félindra tête de tigre, et cendrine dominguez, please- faites moi sortir.

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lundi 27 juillet 2009

La culotte, les always et la serviette de plage

Quelque chose me dit que mon blog va subir une recrudescence ponctuelle de visites. Mais bon, y a de la concurrence sur le marché, je vois pas pourquoi moi aussi je donnerais pas un peu dans le trash glamour, hein. La chick lit. La chiquitiquita lit. Bon donc. Moi, Marseille, petit week end décidé plage-soleil-bronzer-pour une fois bien dans ma peau maintenant que je me plais bien dans mon corps et que je peux marcher tranquille, me baigner tranquille et revenir tranquille en m'en foutant des groupes de mecs de 15 ans qui matent et des papis libidineux. Enfin, plus tranquille qu'avant. J'ai avancé !!!! je me soucie moins du regard des autres. La preuve, en images. Donc, évidemment le jour où je décide un week end impromptu dans une ville fantasmatique où j'ai jamais été, je suis nubile. Comprendre (ouais, j'ai jamais su faire avec ce phénomène hormonal, comment le dire, sans choquer, sans faire je tourne autour du pot pour pas le dire et par là même je suis ridicule), j'ai mes emmerdes, les anglais débarquent, j'ai mes règles, c'est la mauvaise semaine, je suis indisposée (un des meilleurs), j'ai du sang qui coule, mon corps jaune dépérit (ben quoi) (SVT 4ème, Mme Méar). Le souci, c'est pas ça (enfin si, en soi, c'est vraiment chiant, t'es crevée, et t'as le ventre comme si t'avais bu trois litres de coca- et on s'étonne que tu ne sois pas de bonne humeur). Le souci, c'est quand tu as oublié tes tampons (vous avez bien lu) t'as pas tes TAMPAX alors pour aller te baigner, comment tu fais, surtout quand tu as mis ta petite jupe kaki achetée pas en soldes chez Esprit en taille bien ajustée , comprendre mettable et enlevable à grands coups de tortillages, uniquement debout et en apnée, et que tu te trouves sur une plage près de Marseille comprendre, un bouillon de culture, genre la fameuse photo de Martin Parr. Hé bien je vais vous le dire. C'est génial, parce que tu es obligée de t'en foutre du regard des autres, parce que de toute manière, tu te feras remarquer-ben oui, debout, la jupe qui passe pas vu que t'es encore un peu mouillée après le bain, la culotte avec la serviette accrochée dedans qui à un moment donné occupe l'espace vide nommé air accessible à la vue de tout un chacun, entre la phase sous la jupe et la phase vas-y-que je te ramasse vite fait dans mon sac. Faire du sein nu, à côté de ça, c'est de la nioniotte. Je conseille l'expérience à toute fille timorée. N'empêche, je me sentais libre, la reine du monde, après ça.

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Navette Marseille Paris

Un jour, j'aurai des enfants, et je saurai comment faire. En attendant, je milite pour le droit à taper, engueuler et recadrer les enfants des autres, quand la borne de la décence sonore, et le seuil de nuisance acceptable par un individu de tolérance moyenne sont dépassés. Vol 60043 Marseille-Paris, la navette, comme ils disent. Aujourd'hui, c'est ambiance, taxi brousse. J'hérite du seul siège placé près d'une mère à gamin hurlant. Pourtant il y a d'autres gamins dans l'avion (ambiance des familles) et pourtant il y a d'autres places dans l'avion. Soit - (j'ai un karma malicieux qui se plaît à me placer pile dans les situations les plus exacerbantes -oui, exacerbées et exaspérantes- ce, afin de m'entraîner à me recentrer, à ne pas me laisser happer par l'extérieur. Je vais finir yogi, je vous dis. Trop de sensibilité au bruit, aux odeurs, et au reste, ça va m'amener de l'autre côté du Nil, je serai un sage centré, sauf que, s'il vous plaît, je me passerai du bidouf à Bouddha.) Donc. Petite black à mini couettes crêpues qui partent de tous les côtés de la tête (déjà là, j'aurais dû me méfier). Maman débonnaire, voix apaisante et sympathique, la gamine sur les genoux, parce qu'elle n'a pas encore deux ans. Mouais. En un an et demi, elle a quand même développé tout ce qu'il faut de cordes vocales, d'esprit de contradiction, d'agressivité et de chient lie tout ce qu'il faut pour que sa mère soit complètement dépassée. Arrête Chloé (20  fois en 20 minutes, montre en main). Faut pas taper maman. Chloé balance tout par terre, hurle, pleure, et dit maman toutes les 30 secondes (montre en main toujours). Chloé s'émancipe et décide de me déchirer mon journal (pour une fois que je lis le Monde). Oh ben non Chloé, dit la maman toute attendrie, un petit sourire indulgent aux lèvres. Arrête Chloé (nouvelle série de 20). Chloé décide alors d'aller voir de quoi le monde est fait, se pointe en face du voisin de la rangée de devant, et pousse un cri. Pas un petit cri d'animal chipie, le petit cri pardonnable et presque timide dans sa provoc infantile, non. Long, strident, appuyé, et adressé. Je ne vois pas la réaction du voisin, mais la mère laisse tranquillement sa fille finir de s'exprimer ( merci, Dolto). Chloé n'aura pas de problème d'estime de soi, de confiance ni d'expression. Par contre, Chloé cherche sa maman depuis bientôt une heure. Elle cherche le vrai non (pas celui qui se décline en vaines et multiples tentatives velléitaires et à demi coupables-ben oui, engueuler un gosse, c'est pas bien). Elle est bien, bien en deça de l'étape claque (qui pourtant , serait ici le seul point final apte à endiguer la petite, et qu'elle cherche, d'ailleurs). Malheureusement pour Chloé, sa maman n'est pas à bout. Le reste de l'avion, lui, l'est. Même le gamin obèse à ma droite, qui mange un cornet XXL de Malteser spécial vol d'une heure et demi en jouant de la DS et en déclamant à voix haute et sans s'en rendre compte les slogans associés ("inutile de résister à la tentation"...à vérifier d'ailleurs s'il s'agit de celui de Malteser ou de la DS), à côté de sa maman imperturbable qui lit du Marc Lévy, commence à montrer les premiers signes de perplexité face à cette gamine hystérique, que tout le monde laisse déconner sans rien faire. Les générations prochaines ont du souci à se faire, et pas que pour le réchauffement climatique, je dis.

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jeudi 23 juillet 2009

Journal de bord d'une fille bizarre

Dans ses  trois dernières journées, il y a eu : un épisode boulimique de 72 heures, qui s'est arrêté ce soir, et qui a vu défiler pavés de boeuf, frites, moelleux au chocolat, sachets de mms', biscuits lu petit dej, chocolats en tablettes, buggles aux cacahuètes, sandwichs, crêpe oeuf fromage, paninis, haagen das, petits beurres, bountys,cookies en commande à 23h50, merci alloresto, yaourts à la crème, crises de larmes, mal de ventre. Un cauchemar où son ex était à deux doigts de mourir. L'impression qu'elle n'allait jamais s'arrêter de manger. Les gens dans la rue qui continuent à vivre mais qu'elle voit comme elle verrait un feuilleton télé, à travers la vitre. L'incapacité à trouver, ressentir ou concevoir un plaisir plus chaleureux que celui de la bouffe. La sensation du corps difforme. La honte au réveil avec les yeux bouffis et les joues gonflées. Le courage de se relever encore, après le même refrain. Les crampes en pleine nuit dans les mollets et au réveil. La pensée permanente de manger, du plaisir du goût du chocolat dans la bouche, de la crème, comme une jouissance. Comme un orgasme. La sensation d'essayer de résister à un attrait beaucoup trop fort. L'engrenage lâché, la roue libre, sans fin. La frustration d'être assise sans pouvoir bouger de son poste au boulot. L'achat compulsif de cinq fringues en deux tailles différentes, par peur de manquer, d'un billet d'avion et d'un resto beaucoup trop cher. La solitude au milieu de tout ça. Le poids de la honte, d'être toute seule à vivre une vie malade, régressive, limbique, souterraine, sans plus aucune maîtrise. Les gens à côté qui ne se doutent de rien. Les collègues de boulot qui l'apprécient. Les compliments du responsable. Les sourires de plus en plus difficiles à faire. L'écoute des discours des autres qui voudrait s'arrêter mais qui se met en place contre son gré. La plaie béante, toujours. La bouteille de coca pour tenir. Les chewings gums pour tenir. La bouffe toujours dans la tête. Envie de manger. Les descentes chez l'épicier rebeu après le resto. Le constat sur les photos récentes que la prise de poids commence. Envie de manger toujours. Explosion psychique. La quantité ingérée est inhumaine, inquantifiable, compter les calories ne veut plus rien dire à ce niveau là, panique dans le cerveau dépassé. Les amis pas absents, mais personne à qui dire la honte. Le vide. La sensation persuadée d'être nulle, de ne pas gérer sa vie. La démission donnée sans nouveau travail sous la main. Le jugement de l'ami qui dit que tu n'assumes pas, que tu n'as jamais assumé. Le manque ressenti d'amour. Le manque de calins. L'envie d'être adoubée, et de ne plus avoir à prouver qu'elle est aimable. L'envie de disparaitre. La pensée furtive d'un laisser aller total jusqu'à l'obésité, la fin des efforts. La fatigue physique, le tournis. La perplexité devant le quoi faire, qui appeler, quoi mettre en place, quoi faire de la minute qui suit. La boulimie de contacts, la boulimie de bouffe et la boulimie d'achat de fringues. Le besoin de trouver un sauveur. La tristesse sans force de s'être encore bousillée. Le mal fait au corps. Le ventre déformé comme après une grossesse. Le visage bouffi presque comme ceux des alcooliques. Les tourbillons de pensées mêlant les frères, les soeurs, les parents, les ex, les amis, les collègues, les souvenirs, les vrais rêves, les émotions.

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mercredi 22 juillet 2009

La Bruyère, à Paris 2009, eût été contraint de contacter Ford et Taylor

A quoi reconnaît-on un faux amateur d'art? Il cite David La Chapelle, Warhol et les autres expositions parisiennes en cours, qu'il a appris à aimer parce qu'on les lui a proposées. La plupart du temps, il a vu les jolies affiches format A10 sur les murs du métro, parfois, il y est allé avec une amie, et il a ramené une petite affichette, qu'il a placardée en rentrant chez lui, en racontant à son coloc comme la boutique souvenirs était bien faite. Il aime, de manière générale, ce qui est proposé. S'il est capable de faire un tri et dire, La Chapelle, j'aime, Warhol, j'aime pas, voire, étayer son inclination par deux ou trois vagues arguments, il gagne en orgueil fat ce qu'il perd en passivité. Si on ne meurt pas tous à tout consommer, on deviendra des grosses boules nébuleuses, des super nova remplies de tripes, volubiles, expansifs, déblatérant, capables de magnifiques phrases pertinentes sur tout sujet, vaguement actifs, sans plus de terminaisons nerveuses, sans plus de silence, sans plus de regard dirigé, qu'un oeil bête et qui aura même oublié d'être triste.

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mardi 7 juillet 2009

what comes is better than what came before

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