kinesthésique

écriture-son-

mardi 30 juin 2009

la Bonne Nouvelle du Jour

Ou comment trouver une alternative plus économique, ergonomique et moins calorivore que marcher sur la tête :

"Notre organisme a besoin d'énergie pour fonctionner. Attention toutefois de ne pas lui en apporter de trop car il stocke les excès. La meilleure façon d'équilibrer la balance est de dépenser physiquement les calories en trop. Mais quel type d'activité physique peut-on faire, et durant combien de temps, pour éliminer par exemple 2 carrés de chocolat, un morceau de fromage ou une part de pizza ? "

Aha, vous êtes aux abois, les filles hein. Ou excédées : vous vous dites pff, encore des marches d'escalier à monter pendant 30 minutes (que celui qui a déjà essayé pour de vrai de mener cette activité de front pendant 30 minutes se lève, s'il vous plait). Hé bien NON. Car :

"-2 carrés de chocolat noir (70% cacao) :
-Ils sont dépensés en restant simplement assis au bureau pendant une heure."

Je vous laisse méditer sur la clause non spécifiée , à savoir : si je reste assise à mon bureau, que je mange les deux carrés en même temps et que je réfléchis à combien de calories je brûle en même temps, et que j'en profite pour perforer mes feuilles à classer, en sus,  quel total de calories aurai- je dépensé et surtout, puis-je manger sereinement le carré numéro trois. L'article ne précise pas non plus ce qu'il en est du chocolat au lait. A mon avis, il faut rester au travail plus longtemps. Donc lutter contre d'autant plus d'envie pour le carré numéro 4. Non, la vie n'est pas simple, vraiment.

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lundi 22 juin 2009

ah, c'est sûr que c'est pas comme ça que tu vas trouver un mec

Bon. C'est quoi qui cloche chez moi. A part mon goût immodéré pour la syntaxe enfantine et les gros mots au milieu des réflexions de haut vol (si, si). Et ben c'est moi qui cloche, je crois. Entre mes deux derniers ex, dont je suis toujours plus ou moins amoureuse, sans l'être complètement. Ben oui, je ressens de l'amour, pour chacun des deux, qu'est ce que vous voulez y faire, tout en sachant que recommencer une ou plusieurs histoires avec eux c'est pas sérieux (ni possible) (ni même agréable). Cosmo dit de prendre une paire de ciseaux dorés imaginaire et de couper les liens alors j'essaie, hein. Je renvoie des vieux dessins par la poste et j'énonce des dizaines d'adieux. Oui, c'est la dizaine qui cloche. Et puis il y a cet ami avec qui je parle tous les jours et qui fantasme sur mon corps de bombasse (on va en reparler) (bien sûr j'exagère) et à qui je dis tout comme un meilleur ami mais qui donc évidemment périodiquement me fait le coup de la plongée dépressive pour cause de nous deux c'est pas possible et jamais je ne pourrai être que ton ami tu comprends. Alors, avec ces trois fantômes de testostérone, déjà, je pars mal. Ensuite, il y a ce corps de bombasse. Bon, comprendre, je suis pas un thon (je suis loin d'être une bombasse). Mais mon esprit malade (je pèse mes mots) depuis mes , disons 4, 5 ans, lui inflige une torture mentale et physique pluriquotidienne (ouh comme je sens l'ombre mesquine du barbarisme): chaque reflet, chaque miroir, chaque vitrine de magasin, chaque vitre teintée, ça va jusqu'aux verres de lunettes de soleil gazoilées type week end à la Plagne, lui renvoie à la gueule, bark, t'es moche, qu'est ce que c'est laid, hideux, déformé, monstrueux. Chaque personne croisée et dont le regard se pose un tant soit peu sur moi (marcher dans la rue à une époque et toujours parfois, est une vraie épreuve), qui répand des messages subliminaux type, quel corps mou, difforme, sans tenue,gros bide, grosses joues, physique de mongolien, grosse patate, disproportionnée, gros nez, visage porcin, quelle arrogance, quelle démarche bizarre, cette fille est louche. Et pour la partie physique : des semi marathons à n'en plus finir. Des trois fois deux heures de course à pied à jeun au bord de l'épuisement, à me traîner comme une mamie les jours suivant, les litres de coca light pour tromper la faim, et tout ça, pour gommer, éroder, ces rondeurs jamais absentes, cette cambrure, ce corps que je vois de baleine, et d'homme baraqué à la fois. Le menu-iser, le féminiser, raboter les angles, affiner les lignes. S'épuiser pour être aimée? facile cliché et pourtant, c'est bien ça (là, je déçois tous ceux qui voient en moi la libre penseuse subversive), c'est bien ça et en même temps, pas tout à fait : me séduire d'abord moi, manipuler ce corps jusqu'à le trouver beau, et donc, digne d'être trouvé beau par un autre. Ensemble de procédés et machinerie qui s'avèreraient héroiques- la beauté sublime de l''auto sacrifice, le labeur extrême, oh, la pauvre, si elle savait, comme elle est jolie, pourquoi s'inflige-t-elle ce jugement atroce, euh...c'est donc à ce moment là que je ne peux même plus me rattacher à la classe magnétique d'une angélina jolie sérieuse, dévouée, s'épuisant à la tâche, car, comment dire, voilà, une fois tous les 10 jours, évidemment, c'est l'effondrement du contrôle. Une baisse de foi en moi, un mauvais reflet, et là, l'épicier du coin fait son beurre: sandwichs (plutôt 3 que 2) , gâteaux apéros (plus c'est salé,épicé, dense,goûtu, plus j'achète), chocolat (noir, je rajoute même un peu de sel) , boîte de petits beurres, kinder bueno, noix de cajou, buggles aux cacahuètes, crèmes à la vanille, boîte de sprite chocolat, tout cela, après une journée normale, je précise, pas pomme salade, hein, non, trois repas normaux. Le quatrième repas se poursuit entre les larmes et la colère, par du allo resto , quatre fois dans la soirée, hop une carte bancaire et c'est simple, ça arrive chez toi, l'air de rien, le livreur n'a pas la moindre idée de ce à quoi il est en train de participer, il se dit tiens, une fille qui se fait un dvd pizza, c'est sympa, il a un bon sourire, donc une pizza chorizo, des tagliatelles carbonara, un poulet korma, un riz aux amandes, des beignets de crevette, des samosa légumes, un mi cuit au chocolat, un cheesecake aux coulis de fruits rouge, et à un moment, vers minuit, j'ai tellement mal au ventre, mais tellement, que je ne peux plus rien mettre en moi, et j'arrête. Là, on se dirait, la pauvre, elle fait de la boulimie, mais bon, elle se fait vomir, et puis ça rentre à peu près dans l'ordre, et non, même pas, elle ne vomit pas, jamais. Voilà, alors, évidemment, quoi faire après. Le lendemain, la semaine qui suit. Pour ne pas prendre 8 kilos en un jour. C'est simple, on redéroule le fil : honte de soi, dégoût du corps (forcément un peu déformé, pour le coup), semi marathons à jeun, et aux "t'as l'air fatigué" et aux "ça va", même les plus sincères, ceux des amis, ne pas savoir répondre. Presque personne ne comprend la boulimie (tu n'as qu'à manger équilibré -je mange équilibré-). La psy dit que l'origine est dans la toute petite enfance (bébé). Super. Alors j'avance, bien sûr. Genre, je mets le doigt sur des émotions, je libère des trucs, je m'autorise à être un petit peu plus moi un petit peu plus souvent; de l'extérieur, j'ai un poids on ne peut plus normal, ni ronde ni maigre, j'ai l'air parfaitement équilibrée (cf ma graphologie à l'embauche, une pièce d'anthologie). Mais en attendant, les lendemains de crise, et cette haine de mon corps, ce dégoût absolu de mon reflet, quotidien et tout à fait obsessionnel, j'en fais quoi. J'ai envie de me foutre la paix, sérieux. Que ça cesse. De trouver la clé de ce trou noir qui absorbe tout en moi, de faire exploser au lieu d'imploser. De dire merde, de crier, mais c'est la pizza qui crie à l'intérieur de mon ventre et sa paroi ne laisse pas entendre le son étouffé, qui ne sort pas. De faire du théâtre, et quand enfin, j'aurai trouvé la moi qu'il y a en dessous, et qui va bien, aider ceux qui vivent ça. Parce que t'as vraiment l'impression que t'es tout, tout seul, comme une conne à t'épuiser pour te faire aimer (et de personne, en plus), pendant que les autres sont en train de vivre une vie normale semée de tracas, de peines et de joies. Lao Zeu, t'aurais pu préciser, comment on la trouve, ta Voie.

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lundi 15 juin 2009

Pendant quatre ans, elle s'est acharnée. A croire que c'était les bons. L'un, puis l'autre. Elle a ramé, pour les gagner, les conquérir. Les obtenir. Maintenir le lien. Créer de l'avenir. Force mentale hallucinante, efforts permanents, auto manipulation cérébrale, résistance, résistance. Marche en force. Amour in vitro. Coma artificiel. Faire l'amour avec la rage de la gosse qui veut ce qu'elle veut. Envers et contre tout. Envers et contre son corps...Envers et contre son coeur.. Elle était toute seule à s'acharner. A perdre ses forces de bon coeur, à s'épuiser, à remonter le fleuve comme un saumon surentraîné. Et puis elle a vu qu'elle était la seule à miser. Savoir retirer ses pions.

Ne pas lutter contre la force du courant. Nager dedans.

Une paire de ciseaux, dorée

Deux hommes, deux liens

Coupés

Posté par kinesthesique à 22:39 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

terrorisme relationnel, séquence 1

Manoeuvre typique, fréquente et largement usitée par de nombreux gens.

"je te donne tant, et tu n'offres rien en retour"

"tu ne donnes rien, tu es égoiste"

"ingrate"

Rester vigilant. Ces tentatives sont omniprésentes. Résister à la culpabilité qu'on a si bien apprise...

Posté par kinesthesique à 13:08 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 13 juin 2009

Pygmalionite aigue

Les gens autour de moi ont tous une idée précise de qui je dois être et de ce que je dois faire. Séquence...

Ma mère : ah oui avec ton père on se demandait est-ce que tu  as pensé à faire prof dans le privé? (Putain de bordel de dieu, ça fait 4 ans que je vous dis que je n'aime pas ça et que je veux me barrer, et que je me suis barrée, putain de merde, jamais vous essaierez de savoir ce que je suis et ce que je veux, hein, c'est votre crédo ou quoi?) (euh, non, non, maman, j'ai décidé d'être psychothérapeute)

Mon médecin (qui se la joue regard distancié et lucide) : ah, vous voulez faire psychologie, ah...En tout cas je pense que vous devriez continuer à vous occuper de vos problèmes personnels (ah bon? ah merci, je pensais arrêter de m'en occuper et me tirer une balle pour aller plus vite) (oui oui évidemment, bien sûr, j'en ai encore besoin, bien sûr, béni oui oui oui oui monsieur oui oui oui oui madame plie la tête oui oui courbe courbe RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRAAHHHHHHHHH !!!!)

Ma soeur : ah je pense que vous devriez communiquer par téléphone maman et toi. Pauvre maman, tu sais elle s'inquiète. (oui oui , je suis la grande méchante, et elle la grande victime, c'est bien évident). (oui, c'est pas faux, t'as pas tort, j'essaie, mais tu sais...)

Ma grand mère : tu vas étudier à la sorbonne, alors? (oui, grand mère, la sorbonne, si ça peut te faire plaisir. je vais devenir riche, célèbre et exemple de réussite, promis. Bon, fac de psycho à st denis, c'est pareil. )

Mon ex: tu devrais faire une ESC , avec ton niveau et tes compétences, c'est beaucoup plus pragmatique et sûr en terme d'avenir. (c'est pas du tout moi !!!! je m'en fous de gagner 3000 euros!! je veux juste être bien) (oui, t'as pas tort, je vais me renseigner...peut être...ouais...ok...)

A tous, tous autant que vous êtes, qui projettez vos idées sur ma vie, mon être suffisamment perméable ou mobile ou ouvert pour vous faire croire que vous pouvez le modeler à votre guise, allez vous faire enculer bien profond.

Couper TOUS les liens bienveillants, bien intentionnés et pseudo fraternels qui vous façonnent à votre place.

Devenir ce qu'on veut être. Laisser pisser les commentaires.

Posté par kinesthesique à 20:54 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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