kinesthésique

écriture-son-

dimanche 31 mai 2009

Ma mère, c'est moi

Non, pas un article sur l'éternel recommencement karmique du schéma maternel par la fille d'après.

Non ma mère, c'est ma mère. Elle a essayé, mais elle n'a pas pu m'apporter l'amour maternel dont la petite fille que j'étais avait besoin pour se construire. Le manque fait encore souffrir, mais le passé est derrière. Elle n'a pas pu, elle n'a pas réussi : cela fait partie de sa vie à elle, de son schéma à elle, de sa souffrance à elle.

Non ma mère, c'est moi.

J'ai réalisé il y a peu que  ma mère biologique ne pourrait jamais m'apporter ce qu'elle n'a pas pu m'apporter. C'est con, hein. Qu'il fallait que je le cherche ailleurs. Et ailleurs, pas si loin. C'est moi. La part de moi qui a de l'amour à donner (si si, elle existe!), la solliciter pour s'occuper de la part de moi qui a, 2, 3, parfois 12 ans, parfois seulement quelques mois, et qui a souvent mal.

Combat quotidien, effort permanent, (moi c'est clairement d'heure en heure, voire de minutes en minutes) pour ne pas sombrer, mais écouter l'enfant qui souffre, et si ça, c'est fait, alors le reste est possible. Soigner est possible. Répondre au besoin décelé. Poser un acte. Un acte qui va dans le sens du besoin décelé...tout vient de là. Si on ne l'écoute pas, le ptit gosse qui chiale en nous, on prend le risque de la grosse débandade. La débandade qui s'appelle : j'ignore, je tais, je "surmonte"......et blam, je souffre en sourdine, et blam, la sourdine grandit, enfle, fait de plus en plus mal, et là, je prends le chemin qui consiste à me faire du mal, pour de vrai. Ou à tout faire de travers.

Alors....écouter le petit message qui a l'air tout merdique et piteux, du petit gosse tout régressif (et normal, c'est un gosse!) et putain, si on ne le zappe pas, c'est presque gagné.

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je crée donc je suis

AAAttention.

Je ne vais pas dire des trucs du genre : je suis un artiiiiiiiiste, je Créée (avec trois majuscules et le ée déroulé dans une élégante diérèse). Je voulais mettre comme titre, "consommer versus créer", un truc comme ça. Aaattention bis : avertissement au lecteur: vous n'êtes pas dans un post équitable, éthicable, bobo, ethnique, voyagiste consciencieux, développement personnel à la petite semaineux. Je ne suis pas là pour servir la soupe, consommer, c'est maaaaal. Créééééer c'est mieux. Mais bon quand même, j'ai remarqué un truc. Que consommer, au sens propre du terme, c'est à dire ingérer un truc en moi, et gloups, avaler, me déprime profondément. Une vraie déprime, hein, type post coitum animal triste. Une litost à la Kundera. Un truc mélancolique, vague, sourd, pas cool. Par consommer j'entends par exemple, m'asseoir sans bouger, et n'être plus que le réceptacle vacant, vide, bouche ouverte, oreille ouverte, vagin ouvert, pores ouvertes, du monde extérieur: concert, spectacle, défilé d'images, dvd, cinéma. J'exclus la lecture en ce qu'elle suscite une activité intellectuelle, si on omet Closer et Public, s'entend. Dans ces activités là donc, je suis en position de passivité et l'inactivité physique (pour peu qu'elle soit jointe à l'inactivité cérébrale), le fait de me "laisser remplir" par des stimuli extérieurs comme un vase vide, me fait sombrer, comme perdre mes capacités, mes idées, mon énergie de vie, ma vibration interne- mon âme, quoi.

Et Paris est (en tant que capitale, je ne stigmatise pas) un vrai temple de la consommation. J'ai l'impression que les 25/35 ans sont là, à l'affût de "choses à faire", d'"events" pour remplir leurs journées, remplir, juste, et que la créativité manque. Ce qui les prive d'un vrai bonheur. Consommer du divertissement, et j'insiste, aussi intéressant soit-il, me parait stérile, inutile, voire néfaste, si l'on ne fait que l'accueillir en soi. C'est un peu comme poser son cul sur une chaise bébé et attendre la béquettée. Ca tue l'initiative, le ludisme, la subjectivité, ce qui fait que l'on est soi, et pas le reste. Au contraire lorsqu'une part de créativité intervient, quelque chose de participatif, où je vais immiscer une part de moi dans l'activité, je deviens mobile, heureuse (vraiment). Un processus où je prends ce que donne l'extérieur (le stimulus) et où j'en fais quelque chose (je remodèle, je produis, je transforme). Ingurgiter puis régurgiter sous une autre forme, plus élaborée -sans jugement de valeur- dans le sens, passée par un autre filtre, celui de ma subjectivité. Une sorte de valeur ajoutée. Alors je le répète, je ne suis pas un aarrrrrtiste. Il suffit de peu : au concert, bouger sur la musique, laisser mon corps faire sa danse, celle que suscitent les sons et les rythmes. Exprimer quelque chose !

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Much Ado About Nothing

Labeur, tâche, travail, tripallium, tressaille !

Bon, je m'ennuie à mourir dans mon job alimentaire, comme je l'appelle. Ayant répondu à pas mal d'annonces et déjà navigué sur plusieurs missions données par diverses boîtes, je peux dire, en plus, que mon poste actuel n'est pas un cas isolé, et, en fait, je trouve ça flippant. Du travail qui n'en est pas. Du travail qui ne sert à rien... Pour moi, le travail, c'est quelque chose comme un effort, fourni en vue d'un but, plus ou moins en rapport avec un intérêt ou une passion personnelle-plus ou moins, parce que finalement, l'intérêt en soi du travail me semble résider...dans le travail lui même, à savoir : le fait de se mettre en mouvement, de "faire'" quelque chose, de produire un acte complexe avec un début et une fin, des étapes, des processus. A l'extrême limite, coller des étiquettes sur des cartons, ce serait déjà un "travail".

Or voilà, moi, ce que je fais, concrètement, c'est : être assise. Dire bonjour, au revoir, sourire, me tenir droite, coiffée, être d'accord avec tout ce qu'on me dit et demande, coller des étiquettes sur des badges, m'efforcer péniblement de maintenir la vie en moi pendant toute cette oisiveté paradoxalement très dure à supporter. Le plus intéressant que j'aie eu à faire pour le moment a été de répondre à deux trois appels à la suite, tout en mettant les cartons d'invitation dans les enveloppes, tout en souriant aux personnes arrivant au comptoir : autrement dit, trois tâches, basiques et minimales certes, mais combinées, produisant un minimum de complexité, donc d'intérêt (ludisme, mise en action). Pitoyable, donc. Mes journées sont des traversées de champs d'ennui métaphysique. Dans mon précédent job, je pouvais avoir accès au net, et les passages de gens étaient rares : je pouvais donc développer une activité parallèle tout à fait nécessaire à ma survie psychique (et physique).

Là, pas même : on me surveille du coin de l'oeil: l'idée étant donc, de s'efforcer de rester immobile et en attente, et ce en permanence. Lire un magazine serait une action, et une "faute". Je planque donc mon magazine psycho dans les pages de mon cahier et mon attitude la plus courante consiste à faire semblant, de ne rien faire: car, comme il n'y a rien à faire, précisément, faire quelque chose serait en quelque sorte trahir la mission qui m'a été confiée, fourvoyer mon poste, aller voir ailleurs, s'égarer, bref.

A se tirer une balle, je vous dis.

Le comble étant lorsque votre supérieur s'excuse de vous déranger et vous demande, "mais prenez votre temps, rien d'urgent, hein", si, quand vous aurez cinq minutes (!!!) vous pouvez aller consulter des liens de sociétés de désinsectisation parisiennes (on a des fourmis sur les terrasses, ça fait pas ambassade).

Le corollaire de cette inactivité d'essence, est le suivant : les gens s'agitent dans tous les sens pour se donner l'impression d'exister (je pense même qu'il s'agit d'un réflexe de survie, et je ne jette plus la pierre sur tous ces ragots, commérages, bruits pour rien, fussing about et autres fioritures superflues et infantiles: c'est finalement le seul moyen pour ces gens juste de ne pas péter un plomb).

Et cette absurdité totale à mon avis, se trouve dans beaucoup de "métiers" actuels. Le travail selon moi est de plus en plus en train de se muter en une activité qui tourne à vide et qui ne vaut que pour elle même. On cherche à s'agiter, à s'occuper, mais la tâche en elle même a peu ou pas de sens. Sans doute dû en grande partie à la division du travail, des tâches en plein de mini secteurs d'activités , de pôles responsables de petits fragments d'un tout et surtout le moins possible relié à ce tout histoire qu'on ne sache à la fin plus pour quoi, pour qui on travaille et dans quel sens. Cette perte d'unité d'action, de lieu et de temps a dû être étudiée par des sociologues du travail, je ne m'étends pas...

Ce qui est dingue, c'est que plus le travail est creux, stérile et vide de sens, plus la hiérarchie s'attèle à lui créer et conférer une importance extraordinaire. On va faire peser une pression quelque part, puisqu'il faut une pression quelque part; on va s'identifier à cette dernière, et finalement, on va faire corps avec son travail, l'aimer, le valider, s'y attacher. On nous convainct peu à peu par ce processus vicieux que l'on est utile, nécessaire, que notre mission est de haute volée et que, donc, la moindre erreur est fatale (vous voyez où je veux en venir).

Dans mon précédent poste, tout tournait autour des badges. J'étais au 7è étage, VIP, celui de la Présidence, dans un Siège, en plus. Il fallait trois badges à ces messieurs endimanchés (et résidents du 7è!) pour accéder audit 7è. Les hôtesses du bas délivraient des badges à numéro; puis nous appelaient instantanément, nous hôtesses du haut, qui notions le nom du visiteur, et le numéro du badge. Par la sainte magie du badge, les messieurs accédaient au 7è via l'ascenseur prohibitif, et se présentaient, avec chance, devant nous, qui récupérions le badge, et reportions l'heure, la minute, le visiteur,et le numéro du badge sur le fichier correspondant. Puis appelions l'assistante pour les annoncer, enfin, débloquions le sas d'entrée et la boucle était bouclée.

Je précise que nous n'étions pas dans l'armée...

Bref : tout le stress, l'activité, la pression, les sujets de conversation, de discorde et d'abus de pouvoir étaient cristallisés autour des badges. Une erreur en bas déclenchait la chaîne humaine à produire de la merde, du harcèlement, du blabla, de la tentative d'abus de pouvoir, de la manipulation à la petite semaine. Machin a encore oublié de noter le numéro du badge, machin n'a pas prévenu l'hôtesse du haut, putain machin fait vraiment du boulot de merde, appelle le responsable "c'est pas normal" franchement après ça va nous retomber dessus, appelle on va faire notre compte rendu. Milieu de femmes, peur de perdre son terrain, avidité, tous les instincts primaires de l'animal en action. Déroulé de chaîne tout à fait délectable dans la mesure où, enfin, on se sentait vivre un peu.

Une vraie scène de théâtre...cruelle, et hyper révélatrice de ce qui sommeille en l'homme. Et à mon avis, exacerbé par l'inutilité du travail demandé..

Dans ce milieu, il ya  une pression énorme (alors que les visiteurs s'en foutent des badges comme de leur première chemise, évidemment). Le bon sens quitte rapidement les esprits obnubilés par la peur de perdre son job, s'identifiant donc à la pression qu'on veut bien leur mettre, adhérant à leur mission par nécessité, et pris malgré eux dans cet enchevêtrement de liens de manipulation, de séduction, de protection et défense de leur territoire.

Le sens, lui, a complètement déserté les lieux depuis longtemps. Les gens sont stressés, s'expriment par logorrhées, ont peur d'être "pris sur le fait"  à lire des magazines, pointer deux minutes après l'heure, avoir mis la mauvaise épaisseur de ligne sur le tableau excell. Et font face comme des adultes infantilisés aux petits tyrans quotidiens qui les supervisent. On va finir par avoir de vrais problèmes de société, moi je dis (enfin finir....)

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vendredi 15 mai 2009

Sauvez le ça (et Our Souls par la même occasion)

Freud, Freud, Freud. L'incompris du siècle, dont on n'a retenu que le focus sur le sexe, le complexe d'Oedipe "si réducteuuuuur", et dont on a jeté (comme d'habitude) le bébé avec l'eau du bain. Ah, c'est excessif, ah, y a  des failles dans le raisonnement, ah, ben du coup tout est faux, on jette tout (et ça nous arrange bien).

Freud, donc, tu serais éberlué, bluffé, halluciné, de voir ce qui se passe avec le  vilain, très vilain "ça" dans notre société des années 2000. Le corps pue, les émotions dégoutent, l'humain choque, le naturel est trop "violent", "agressif". Le coup de boule de Zidane, le casse toi de Sarkozy, mon dieu quelle HORREUR. Comment peut-on ne pas se maîtriser à ce point. Quel affreux exemple pour les enfants. Vision atroce, insoutenable, que le spectacle débridé de ces instincts de haine viscérale et préhistorique. Non : nous valons mieux que ça! Nous allons nous atteler à y parvenir. Regardez. Regardez autour de vous: nous allons castrer tout ça. Violence, émotions, transpiration, humeurs corporelles diverses et variées. Eroder, abraser, effacer, euphémiser, édulcorer. Le règne du Sur Moi. On disait qu'on serait tous propres, qu'on parlerait pas trop fort, qu'on serait tous polis, qu'on s'énerverait pas, qu'on boufferait du lysanxia, qu'on irait souvent chez le coiffeur, qu'on défriserait nos cheveux, qu'on plaquerait avec du gel, qu'on lisserait avec du fer à repasser, qu'on sourirait quand on voit quelqu'un, qu'on dirait merci et s'il vous plait et je vous en prie (pas de rien) un instant je vous prie (pas ne quittez pas), qu'on s'excuserait beaucoup de déranger les gens et qu'on s'excuserait de s'être excusés, qu'on serait tous cordiaux, amicaux, salutants, distingués, respecteux, homologués, équitables, qu'on n'aurait plus de rougeurs sur la peau ni d'irrégularités, parce que maintenant les hommes aussi ont le droit d'aller chez séphora. Bref, on serait bien, comme ça, non?

OK. Moi, ça me fait flipper, une société qui s'auto castre, en plus des sérieux doutes sur la viabilité d'un tel projet (j'ose pas dire utopie). Ne créerera (si, si) -t-on pas des monstres pires encore, à vouloir étouffer ce qui doit s'exprimer. (il faudrait définitivement que je trouve autre chose que les questions rhétoriques, pour exprimer mon point de vue, je sens bien que ça manque de poids tout ça) .

Je crois qu'on assiste à l'érosion de tout ce qui est : personnel, pittoresque, "particular" comme diraient les Anglais, incongru, excessif, de tout ce qui "sent", de tout ce qui émane du corps, et plus largement de tout ce qui signifie une individualité (une posture, par exemple). Tiens-toi bien, et n'aie surtout pas l'air nonchalant, négligé, je ne parle même pas de sensuel, ou de lascif. (ça c'est pour les salopes, ou les artistes).
Non il faut se tenir tous pareil. Etre coiffés tous pareil.
Je me demande pourquoi, enfin qui veut ça? Parce qu'on le fait pour qui, nous hôtesses d'accueil (oui, je fais ce job en ce moment, ça me fait mal de dire nous, mais pour la légitimité du propos, je sacrifie mon orgueil, allez) ? Des cadres, des pdg, des trucs comme ça.
Je pense en fait, que ça les rassure.
L' homogénéité du personnel, leur aspect impersonnel, justement, leur permet de ne pas avoir à nous traiter comme des êtres humains, donc de ne pas avoir à être confrontés à nous, pas à se taper le barda de l'être humain, qui comprend classiquement et en vrac : émotions, contradictions, imprévisibilité, lunatisme, colère, etc.
Je m'avance peut être un peu mais il me semble que ce soit là une des explications, des racines des comportements de harcèlement au travail. Et autres manipulations .
Déshumaniser (par la tenue, l'attitude, le langage codé-je ne fais qu'user et abuser de formules de politesse, aucun mot de mon discours quotidien dans ce lieu de travail ne m'appartient en propre ) permet de ne pas avoir à considérer comme humain, permet cette facilité là, cette lâcheté là.

Donc moi, quand Zidane sort de ses gonds, quand Sarko est rouge de colère, quand Manaudou fout tout en l'air pour papillonner avec ses mecs, et quand Britney tape ses paparazzi, je me dis qu'il y a espoir, je me sens vivante, je jubile et j'espère, que l'on n'y perdra pas notre peau, dans cette dictature de la maîtrise. Et qu'on ne s'étonne pas si le nombre de psychopathes avérés augmente, et que le nombre d'actes compulsifs ultraviolents, ou de comportements de foule type hooligans, et autres dérives augmentent. Non, d'ailleurs non seulement on ne s'étonne pas, mais on pousse le contrôle et la maîtrise un cran plus loin. Freud, ça va barder, je te le dis, et on va être tous là pour voir ça, en plus.

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mercredi 6 mai 2009

la fin de la serpillère

Mère Thérésa, au placard.

Je suis empathique à l'excès et par dessus le marché, j'ai pris l'habitude de sacrifier mes ressentis à ceux des autres. Ca fait des années maintenant que je m'écrase à chaque fois qu'on m'agresse/me reproche qqch, des années que je suis convaincue que l'autre a raison, que mon ressenti est illégitime. Des années que je me JUSTIFIE. Des années que je me fais marcher sur les pieds, et en plus, de mon plein gré. J'ai eu une mère castratrice, malveillante, manipulatrice, je n'ai plus peur de le dire. Son amour (réel) s'est tordu en cruauté, souvent. (même là, je la justifie). J'ai tellement été habituée à être la pauvre merde, la fille louche, la fille coupable, celle qui fait le truc à tort et à travers, pas comme il faut, la fille sale, égoiste, qui sait rien foutre de ses dix doigts, la fille mesquine, mauvaise, je l'ai tellement entendu, intégré, accepté, cautionné, que maintenant (je viens de le réaliser, à peine) je passe les trois quarts de mon temps à "attendre" le couperet, le moment où je vais me faire taper sur les doigts, comme si c'était inévitable et normal (vu ma nature horrible, et fondamentalement peccamineuse). A tel point que je me demande dans quelle mesure je n'ai pas fréquenté des dominateurs, voire manipulateurs,  juste par "confort", par un habitus, qui est toujours plus pratique à réitérer ad libitum qu'une volte face. A tel point aussi que non seulement, je suis totalement déstabilisée par l'attitude contraire -bienveillance- que je la fuis, ne sais pas quoi faire avec, m'enfuis honteusement en me disant que je ne la mérite pas, quand il se trouve des personnes qui me la manifestent. A tel point, que dans mon esprit malade (clairement), aucun, absolument aucun, de mes actes ou pensées n'est juste ou justifiable. Bien sur, en réfléchissant je peux arriver à le concevoir, par le cerveau, mais c'est totalement abstrait. Mes tripes crient tu es coupable, tu as fait la connerie, tu as tort, tu es faible, indigne.

Le seul exutoire est la colère. J'en avais une petite ce matin. Si rare, qu'elle s'exprime. J'ai fait une remarque à ma collègue de travail. C'était mon ressenti. Il était juste. Je n'ai pas "abusé" de colère. Et ben même là, j'arrive à en trembler. J'ai pleuré, j'ai la gorge serrée et le moindre conflit me met dans tous les états.

Voilà où j'en suis. Le boulot est gigantesque. J'ai pas fini d'apprendre à dire que mon cul est à moi, j'ai pas fini d'apprendre à dire merde.

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mardi 5 mai 2009

Journée Mondiale du Commerce Equitable

lis-je dans "A nous paris", hebdomadaire plutôt bon au demeurant.

Mais là, me voici accablée, je quitte paris ce week end, et réalise à mon grand dam que je vais louper la grande messe bobo du printemps.

Vais-je pouvoir passer ce week end sans me gargariser des dernières trouvailles en matière de cookies bio ET équitables ET éthicables ET sans étiquettes, ah non, pas sans étiquettes, tiens d'ailleurs, est ce que l'emballage est biodégradable, et surtout comestible, hein ?
"Journée mondiale" : non, vraiment, je suis très heureuse que le Soudan et l'Ethiopie aillent aussi pique niquer (ah non ! bruncher pardon) dans leur jardin des Halles à eux, entre Marionnaud et les fontaines, avec des nappes à carreaux, et les cookies bio à la nougatine et au chocolat blanc, équitables, je suis sûre qu’ils préfèrent aussi.
Au programme, "dégustation de produits équitables" (ben oui, on va pas se baffrer non plus, hep, c’est valable pour vous les Ethiopiens, croyez qu'on vous a pas vus),
" théâtre de rue" (plus écologique que dans une salle)
"jazz manouche" (je m'interroge : est ce que les Roms boiront de la vodka équitable sur la place du kremlin en ce 9 mai 2009.)
" parades". Parades ?

Si vous poussez un peu vers le nord, après les cookies, pour la digestion, aux galeries Lafayette, vous attend “la mythique tong brésilienne Havaianas" qui, pour votre gouverne, "se dote d'un modèle dénommé FIT, à mi chemin entre son ADN de base et la sandale, histoire d'investir encore davantage la ville." On vous propose un atelier de "customisation "diamants”, où l'on pourra choisir entre 8 coloris de chaussures et 6 formes de motifs à haute teneur en carats. L’article, à haute teneur en parallèles, poursuit : "mieux, une fois la paire de tongs achetée et les diamants apposés, Havaianas s'engage à vous offrir une nouvelle paire de FIT chaque année. Mieux que mieux, une partie des bénéfices réalisés sur le "customisation bar" seront reversés à l'association Gol de Letra, qui œuvre pour l'éducation des enfants défavorisés au Brésil".

Deux trois trucs que je pige pas. Un, est-ce que le diamant sied à la tong arc-en-ciel (question harmonie chromatique). Deux, pourquoi infliger cet écartèlement si hors de nature à nos orteils. Trois, pourquoi remplir le vase dans un sens pour compenser dans le sens opposé. On peut juste pas, je dis ça, je sais pas hein, se passer de tongues diamantées ? Mais je m’égare sûrement. Non, ce que je voulais dire, c’est que l’article ne dit pas si les tongues sont en plastique équitable, qui a récolté les diamants, ni si Leonardo di Caprio emmènera les petits Brésiliens à l'école lui même. L’information, de nos jours, est bien lacunaire.

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lundi 4 mai 2009

Mais il est où le jeu !!

Bon.
J'aime bien l'italie, c'est un peu mon eldorado touristique, le pays où je place mes espoirs de vie, l'endroit à partir duquel je me plais à cristalliser ce qui serait mon idéal de bonheur.
Je m'ennuyais au travail, et là, dans ma boîte mail, une surprise tue-l'ennui me tire de ma torpeur. Mais enfin, mince. On me promet : "gagnez un voyage de rêve en italie, participez au jeu Télérama."  Alors je clique ! Faut pas me le dire deux fois ! Ni une ni deux, la frénésie de quoi, de l'Italie vous croyez? Ben non, du jeu ! Ben oui, jouer ! Bon, ok, je suis une joueuse. J'épluche les quizz facebook, j'aime les tests cérébraux, les jeux de société, la balançoire enfin tout ce que (rah, comment il s'appelle ce philosophe? Francois Cheng, non, je sais plus enfin un philosophe qui a écrit sur la Chine et qui décrit les différentes modalités du "jeu") l'on peut mettre sous la catégorie "ludique": de la balançoire en passant par le théâtre et les jeux de rôles réels.
Donc je me jette assoiffée sur le click, zut j'ai pas le bon mot de passe, c'est quoi déjà, allez hop demande par e-mail de redéfinition du mot de passe (suis fébrile, là) ça y est, copier coller, hop, j'arrive, dans mes starting blocks...et là.....on me....remercie...d'avoir joué !
Nooon!!! Même jouer n'existe plus ! tout est faux!!!! j'en ai marre!! Mince, donnez nous un peu d'obstacles, de stimuli, d'épreuves à passer, avec ou sans carottes au bout ! M'en fous de gagner le voyage moi. Je voulais juste créer, me creuser la tête,vivre,languir pour quelque chose, sentir cette "eagerness" en moi, exister.
Je ne vous parle même pas des modifications ahurissantes qu'a subi (subies? un carambar à celui qui trouve) l'épreuve du brevet des collèges, que j'ai maintes fois corrigée. Qui est l'auteur de ce texte? ( 1 point). Ou de la mutation des objets à monter soi-même dans les kinder surprises (division par deux du nombres de pièces, une manip et l'objet est monté, hop, mange ton chocolat et rendors-toi.)
Moi je dis, je sais pas où on va, mais on y va.

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dimanche 3 mai 2009

"La fertilité est une fonction biologique très sensible au stress" lit-on dans Psychologies magazine dans un article sur le désir d'enfant.

J'aurais pu choisir cent autres exemples empruntés à cent autres thématiques de société. Le stress au travail. Le stress à l'entretien d'embauche. Le stress de la première rencontre.

De deux choses l'une. Ou bien, notre société actuelle est victime d'une pandémie virulente de stress, qu'on aurait chopée on ne sait pas trop comment, mais tous, hein, sur les bancs de l'école ou sous l'égide des parents.

Ou bien c'est la plus grosse arnaque du moment- la plus grosse illusion, disons.

Parce qu'il y a des problèmes. J'en ai parlé ailleurs. A mon avis, les hommes sont de plus en plus déconnectés d'eux-mêmes. Pour quelle raison, je ne sais pas, mais j'observe le fait. Ils n'écoutent plus leur sens intérieur, leur "guide", leur intuition, leur âme. Ils n'y sont plus reliés ou de moins en moins. A la place, ils miment, adoptent et jouent des comportement dictés ou proposés par quelque chose qui est à l'extérieur d'eux. Comme s'ils s'étaient déplacés légèrement de leur assiette, et que, ainsi déplacés, décalés de leur centre de gravité, ils se mettaient à avancer un peu n'importe comment, titubant, et pas dans leur intérêt.

Cela crée des angoisses. Des névroses se construisent, lentement, depuis l'enfance. Comme on sait, les angoisses vont se "fixer" sur des épiphénomènes, des choses "concrètes", et cela va donner : tourner 4 fois la clé pour vérifier qu'on a fermé. Manger orthorexique. Agresser avant d'être attaqué. S'autosaboter par diverses pratiques aussi variées qu'inventives. Pomper l'énergie des autres à tort et à travers et ce sans en retirer de bénéfice in fine. Et ce regard vague, parfois, ou souvent, parce que ce décentrage engendre une mélancolie, un inconfort (tu m'étonnes!). C'est à peu près comme jouer le rôle d'un personnage dont on ne partage pas les besoins et l'identité. On le fait plus ou moins bien, mais ça finit toujours par se retourner contre nous, effet boomerang. Certains s'en rendent compte, pètent tout et entament une thérapie. Les moins courageux, les plus aveugles, s'en remettent à un concept génial, inventé par la société pour nommer toutes ces erreurs d'aiguillage (graves!), les fourrer dedans et s'en sortir les mains propres, et sans trop de remise en question: le Stress, qui frappe l'espace de son ton fun et moderne, pas complaisant dans la souffrance, voire pas souffrant du tout.

Le stress est le moyen commode trouvé  par notre société honteuse de ses « faiblesses » (névroses, incapacités, vulnérabilités, émotions simples, même !) d’exprimer un reliquat de ces dernières.

Je suis un peu stressée en ce moment (ou surmenée) c’est beaucoup plus pratique et beaucoup plus confortable que: je suis en dépression, en deuil, émue, fragile, en ruines, détruite, anéantie. Plus pudique et moins choquant pour l’interlocuteur qui ne va pas se prendre dans la face toute votre douleur  (c’est vrai quoi, un peu de respect quand même !?)

Bref, c’est n' importe quoi.

Quand je suis stressé veut dire je suis triste, on arrive à une extrémité un peu grave, je crois. Passez-moi le compas, vas- y que je te l’écarte, cette faille atroce, ce trou qu'il y a en moi,  hors de moi. C'est le monde moderne qui est stressant. hop;

Femmes stériles, plus d'inquiétude: vous êtes juste un peu stressées. N'allez pas croire que quelque chose d'intime est touché qui relève de vos fondements les plus anciens, non, c'est pas bien ça, comme interprétation (""ça yest, toujours virer au drame, allez, prends-toi en main quoi!"" ). Au choix: une cure détox. Plus de saumon et de sardine (ben oui, les omégas trois). Un peu d'homéopathie. Un massage. Trois fleurs de Bach. Et la crème de la crème : un atelier de GESTION DU STRESS. Véronique, ça ne va pas du tout ! regardez, vous êtes toute rouge. Vous vous énervez. Vous pleurez ! sur votre lieu de travail! Non, vous avez besoin d'apprendre à GERER VOTRE STRESS.

Si vous vous rendez à la fin dudit magazine, vous trouverez soigneusement répertoriée toute une liste de camps de relaxation pour cet été. Le tri est un peu stressant à faire, mais c'est le prix à payer

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samedi 2 mai 2009

des soirs

où j'ai juste envie de partir

pas faire mon chantage pour dire aidez moi

partir pour de vrai

arrêter le film

les images

la tension

l'effort qui ne s'arrête pas

le vide sans réponses

et la solitude

C'est pas normal d'avoir des angoisses à l'approche du week end

et tous les soirs en rentrant chez soi

où n'exister pour personne et pour rien

tenir les heures les unes après les autres jusqu'au moment

où tu peux te coucher, faire une parenthèse, un peu

jusqu'au matin, où ça recommence : quoi faire , une fois la nuit, les repas, enlevés, cartouches d'action grillées

que reste-t-il

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