kinesthésique

écriture-son-

dimanche 31 mai 2009

je crée donc je suis

AAAttention.

Je ne vais pas dire des trucs du genre : je suis un artiiiiiiiiste, je Créée (avec trois majuscules et le ée déroulé dans une élégante diérèse). Je voulais mettre comme titre, "consommer versus créer", un truc comme ça. Aaattention bis : avertissement au lecteur: vous n'êtes pas dans un post équitable, éthicable, bobo, ethnique, voyagiste consciencieux, développement personnel à la petite semaineux. Je ne suis pas là pour servir la soupe, consommer, c'est maaaaal. Créééééer c'est mieux. Mais bon quand même, j'ai remarqué un truc. Que consommer, au sens propre du terme, c'est à dire ingérer un truc en moi, et gloups, avaler, me déprime profondément. Une vraie déprime, hein, type post coitum animal triste. Une litost à la Kundera. Un truc mélancolique, vague, sourd, pas cool. Par consommer j'entends par exemple, m'asseoir sans bouger, et n'être plus que le réceptacle vacant, vide, bouche ouverte, oreille ouverte, vagin ouvert, pores ouvertes, du monde extérieur: concert, spectacle, défilé d'images, dvd, cinéma. J'exclus la lecture en ce qu'elle suscite une activité intellectuelle, si on omet Closer et Public, s'entend. Dans ces activités là donc, je suis en position de passivité et l'inactivité physique (pour peu qu'elle soit jointe à l'inactivité cérébrale), le fait de me "laisser remplir" par des stimuli extérieurs comme un vase vide, me fait sombrer, comme perdre mes capacités, mes idées, mon énergie de vie, ma vibration interne- mon âme, quoi.

Et Paris est (en tant que capitale, je ne stigmatise pas) un vrai temple de la consommation. J'ai l'impression que les 25/35 ans sont là, à l'affût de "choses à faire", d'"events" pour remplir leurs journées, remplir, juste, et que la créativité manque. Ce qui les prive d'un vrai bonheur. Consommer du divertissement, et j'insiste, aussi intéressant soit-il, me parait stérile, inutile, voire néfaste, si l'on ne fait que l'accueillir en soi. C'est un peu comme poser son cul sur une chaise bébé et attendre la béquettée. Ca tue l'initiative, le ludisme, la subjectivité, ce qui fait que l'on est soi, et pas le reste. Au contraire lorsqu'une part de créativité intervient, quelque chose de participatif, où je vais immiscer une part de moi dans l'activité, je deviens mobile, heureuse (vraiment). Un processus où je prends ce que donne l'extérieur (le stimulus) et où j'en fais quelque chose (je remodèle, je produis, je transforme). Ingurgiter puis régurgiter sous une autre forme, plus élaborée -sans jugement de valeur- dans le sens, passée par un autre filtre, celui de ma subjectivité. Une sorte de valeur ajoutée. Alors je le répète, je ne suis pas un aarrrrrtiste. Il suffit de peu : au concert, bouger sur la musique, laisser mon corps faire sa danse, celle que suscitent les sons et les rythmes. Exprimer quelque chose !

Posté par kinesthesique à 15:22 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Il n'y a pas de mal à se dire artiste hein... : )
Je passe mon temps à dire que j'en suis un. Ce qui est un réalité il est vrai.

Posté par François, dimanche 31 mai 2009 à 15:36

Tout est dit dans cette citation

«Remplir les journées, les soirées, occuper les jambes, les têtes, les mains, les ventres, les yeux ! Surtout ne pas se poser de questions. Rien qui puisse arrêter le va-et-vient général : consommer / produire, consommer / produire !»
(Isabelle sorente)

Posté par Sephira, mardi 15 septembre 2009 à 06:38

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