kinesthésique

écriture-son-

mercredi 6 mai 2009

la fin de la serpillère

Mère Thérésa, au placard.

Je suis empathique à l'excès et par dessus le marché, j'ai pris l'habitude de sacrifier mes ressentis à ceux des autres. Ca fait des années maintenant que je m'écrase à chaque fois qu'on m'agresse/me reproche qqch, des années que je suis convaincue que l'autre a raison, que mon ressenti est illégitime. Des années que je me JUSTIFIE. Des années que je me fais marcher sur les pieds, et en plus, de mon plein gré. J'ai eu une mère castratrice, malveillante, manipulatrice, je n'ai plus peur de le dire. Son amour (réel) s'est tordu en cruauté, souvent. (même là, je la justifie). J'ai tellement été habituée à être la pauvre merde, la fille louche, la fille coupable, celle qui fait le truc à tort et à travers, pas comme il faut, la fille sale, égoiste, qui sait rien foutre de ses dix doigts, la fille mesquine, mauvaise, je l'ai tellement entendu, intégré, accepté, cautionné, que maintenant (je viens de le réaliser, à peine) je passe les trois quarts de mon temps à "attendre" le couperet, le moment où je vais me faire taper sur les doigts, comme si c'était inévitable et normal (vu ma nature horrible, et fondamentalement peccamineuse). A tel point que je me demande dans quelle mesure je n'ai pas fréquenté des dominateurs, voire manipulateurs,  juste par "confort", par un habitus, qui est toujours plus pratique à réitérer ad libitum qu'une volte face. A tel point aussi que non seulement, je suis totalement déstabilisée par l'attitude contraire -bienveillance- que je la fuis, ne sais pas quoi faire avec, m'enfuis honteusement en me disant que je ne la mérite pas, quand il se trouve des personnes qui me la manifestent. A tel point, que dans mon esprit malade (clairement), aucun, absolument aucun, de mes actes ou pensées n'est juste ou justifiable. Bien sur, en réfléchissant je peux arriver à le concevoir, par le cerveau, mais c'est totalement abstrait. Mes tripes crient tu es coupable, tu as fait la connerie, tu as tort, tu es faible, indigne.

Le seul exutoire est la colère. J'en avais une petite ce matin. Si rare, qu'elle s'exprime. J'ai fait une remarque à ma collègue de travail. C'était mon ressenti. Il était juste. Je n'ai pas "abusé" de colère. Et ben même là, j'arrive à en trembler. J'ai pleuré, j'ai la gorge serrée et le moindre conflit me met dans tous les états.

Voilà où j'en suis. Le boulot est gigantesque. J'ai pas fini d'apprendre à dire que mon cul est à moi, j'ai pas fini d'apprendre à dire merde.

Posté par kinesthesique à 15:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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