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écriture-son-

vendredi 17 avril 2009

Ciel, mes instincts


Je crois qu’il est en train de se jouer dans notre société la mutilation semi consciente de nos instincts les plus primaires.

Dans les sièges de société, notamment. Odeur d'hôpital. Bureau aseptisé. Le bouquet de fleurs, qui est vrai, note, est changé tous les jours (risque de contamination au delà) mais ses fleurs n'ont pas l'air réelles (orchidées, arums, toutes découpées, ciselées, aux contours nets, mono ou bichromes, au maximum, et les feuilles, larges de préférence, lisses, symétriques.)
Le son est feutré. Moquette oblige. Tiens, l'odeur vient peut être du produit anti acariens.

J'ai l'impression qu'on n'a jamais eu autant peur de nos instincts. Sorte de pudeur extrême touchant à la névrose. Rêve d'intellectualisation totale de l'être humain. Pour moi, fourvoiement : l'Homme n'est pas voué à s'arracher de la boue des instincts pour devenir une Idée. Plutôt chargé de parvenir à un subtil équilibre entre sa nature animale et spirituelle, sans en renier l'une ou l'autre...

Alors je ne sais pas, notre civilisation se gargarise peut-être de ses évolutions techniques, a conçu une foi fervente dans les capacités du "cerveau" et sans doute une peur panique de l'environnement physique, devenant hostile (dérèglements climatiques, insécurité physique...) mais bon, ceux là ne datent pas d'hier, alors je ne sais pas; c'est comme si quelque chose s'était produit qui avait créé une honte , qui aurait grandi, grandi, jusqu'à produire un certain dégoût pour toutes les « choses du corps » : le sexe, la nourriture, la transpiration, les émotions "transpirantes" -colère, haussements de voix, pleurs, rires gras...- gênent, effraient, déstabilisent, embarrassent...

L'Homme qui voudrait être une pure Idée rêverait ainsi d'un confort affectif total -ben oui, l'affect ayant disparu!!!- où le mental et le contrôle se chargeraient de sécuriser l'espace relationnel, le discours, les pensées...

On aboutit à des schizophrénies-pas au sens psychiatrique, mais populaire- entre des milieux, des microcosmes et des facettes de soi complètement lisses, policées, nettes, sans accroche, et des milieux ou des microcosmes "défouloirs" -monde de l'escorting, milieu du X, pratiques sexuelles extrêmes, etc- qui seraient le pendant compensatoire de l'excès des premiers. Et du côté de l'individu, des facettes débridées rétorqueraient aux lisses personnages : prises d'alcool, drogues, extrémismes divers et variés, cruauté, colère, sadisme etc- Une sorte de Dr Jekill et Mr Hyde, étendu de l'individu à la société toute entière.

Je travaillais avec une jeune femme anorexique pendant quelques temps, et son comportement me paraissait symptomatique de ce phénomène: cheveux tirés, maquillage symétrique, débit monocorde, elle haïssait les changements de débit, les hausses de ton, les ruptures, les tensions. Elle les sentait, bien sûr, et s'empressait de verbaliser, toujours sur le même ton, un "je m'excuse mais", "je préfère qu'on en parle car", ne laissant jamais éclater sa propre colère, et coupant celle de ses interlocuteurs à la source (ce qui produisait une frustration qui faisait monter ladite colère, d'ailleurs). Empêchez quelque chose en vous de s'exprimer (colère ou toute autre émotion), elle va gonfler, gonfler en vous et si elle ne peut exploser, elle s'arrangera pour se disperser hors de votre corps par de petites allusions mesquines, méchantes, allusives, sournoises...sortes de petites tentatives vitales, communication tordue rendue nécessaire par la mutilation initiale.

Le livre préféré de cette jeune femme était le Meilleur des Mondes, pas pour la critique, mais parce qu'elle rêvait d'un monde tel.

Là où je travaille, encore -il s'agit d'un siège de société, donc relativement feutré, mais je pense assez transposable à de nombreuses autres sociétés actuelles, le port des cheveux détachés m'a été fortement déconseillé par un de mes supérieurs : hé oui. J'ai les cheveux plutôt longs, et n'étant pas adepte du brushing lisse 100%, ils flottent gentiment sur mes épaules (je précise, qu'ils n'ont rien d'extravagant, hein). Mais donc un jour j'ai eu la mauvaise idée de ne pas les attacher. Lorsque je regarde les cadres parisiens trentenaires dans le métro, ce sont des clones: costumes sombres, cheveux coupés ras, tête de communiant. La fibre capillaire naturelle -et je ne parle même pas de la barbe naissante- semble être réservée aux membres privilégiés de la caste artiste, qui eux, ont le droit, voire se doivent, d'être un petit peu crades, décoiffés, sauvages, ça fait "style". Comprendre : je suis un être sensible, libre, rebelle, j'exprime ma liberté à travers ma kératine, je suis, donc, un Artiste.  ; )

Tout dépend donc où vous voulez réussir : pour être cadre, il ne vaut mieux pas avoir de taches de rousseurs, de front luisant, de tendance à la transpiration ou aux rougeurs faciales, de cheveux sauvages, de facies trop lippu ou de fesses trop rebondies (trop violent, tous ces signes: trop sensuels, trop corporels, insoutenables. Empêchent de réfléchir correctement.) Pour être artiste, en revanche, il vaut mieux avoir la tignasse broussailleuse, le sourcil tordu et l'air vague. Choisissez votre camp? Je vous dis, dans quelques temps, roter sera verbalisé. On a déjà remplacé le terme par « émettre un petit bruit qui peut difficilement passer pour poli ». L’usage des périphrases, d’ailleurs, est en plein boom. Peut- être même, que par une sorte de conditionnement social ou d’évolution darwiniste, la constipation sera devenue une constituante normale du fonctionnement métabolique humain. A ce stade, je vous dis pas où on en sera, question névroses.

Quand j'aurai le temps, je me pencherai sur le discours. Je n’ai jamais vu la politesse utilisée de façon aussi systématique : "je vous en prie" et pas « de rien », multiplication hallucinante des expressions d'excuses, de précaution, d'anticipation, de remerciements, de protocoles, de procédures, de congratulations. On se penche, on se courbe, on se confond, on fioriture, on invente et se repait de formules nouvelles, bref, c'est dingue. C’est comme si le métadiscours (le discours commentant le discours) prenait peu à peu plus d’importance et de place que le discours lui-même (le contenu linguistique, le sens) et par ailleurs, peut se trouver en totale contradiction avec ce que dit (parfois crie !) le corps. (Exemple : un employé énervé, dont le corps dira colère, et les mots, pardonnez-moi). Le quidam de base de l'entreprise finit par devenir malgré lui obséquieux, et ses supérieurs, l'attitude étant particulièrement agaçante, froids et hautains. Bon, moi ça me fait bien marrer, je suis un peu infiltrée là où je bosse, mais quand même, je crois qu'il faut veiller à ne pas soi même se prendre les pieds dans le tapis, parce que de mimétisme instinctif en désir (et nécessité) d'intégration, on oublie vite le soi et on s'identifie au masque.

Bon. Je dois y aller, on a perdu deux badges. Affaire d’état, vous en conviendrez.



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mercredi 15 avril 2009

Paris...

La ville la plus magnétique au monde : attraction, répulsion. Suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis. Vis là, tu rêves de te barrer, quitte-la, tu te languis d'elle.

Quand on y est, on veut la quitter, parce que quand même : c'est crade.  3 euros le café, c'est cher. Se faire piétiner par des dames endimanchées, c'est relou. Les clochards qui sentent dans pile la rame que t'as choisie, c'est l'horreur. Les couplets déclamés des mêmes, à la Actor’s Studio, c'est pire. Les Chinois qui te volent les Tuileries, les Rebeus qui te draguent en te sifflant comme un chien, les Black qui te vendent de l'onglerie pour tes ongles rongés, les Blancs qui font les trois à la fois. Du coup, tout Parisien normalement constitué, vit, et engrange de l'argent, pour pouvoir partir en Week End. Paris, c’est le Purgatoire où on gagne ses miettes de paradis. Attention : l’expression « partir en Week End » prend tout son sens à Paris : weekend en province, weekend à Lisbonne, weekend à Porto, weekend dans la Loire, weekend en Provence. La discussion du trentenaire de base, une fois évoqués les métiers, meetic, les « afterworks », et autres lieux « trendy » (pardon, je me régale...), c'est les VOYAGES. Où es- tu allé cet été, où iras- tu l'été prochain, dans quel pays vas- tu mener à bien ton projet, Bali ou Mexico à Pâques ? Phénomène collatéral : les Parisiens sont les plus nombreux à intégrer les groupes facebook provinço-nostalgico-claniques type le club des toulousains, les marseillais en folie, le fan club du beurre salé, j'en passe et des meilleures. L’exil suscite un repli identitaire et une nécessité vitale, de se reformuler à soi même son identité, parce qu'à Paris, tout se dissout, c'en est flippant, l'intégrité, pour qui n'a pas d'ancrage intérieur solide, est menacée. La province en ressort grandie, comme redorée par la distance prise et idéalisée, une vraie image d'Epinal.

Aussi, si tu ne voyages pas, on se demande si tu existes (il faut dire que pour beaucoup, le travail ne remplit plus sa mission de conférer une identité mais se dissocie si largement du « soi », jusqu’à parfois être totalement aliénant, que l’on prend l’habitude de vivre par et à travers le reste-flippant à constater chez tous ces cadres et autres consultants en audit, pour ne citer qu’eux).  Bref donc si tu ne pars pas en VOYAGE, tu es perçu comme bizarre, anormal. On se demande ce que tu peux bien faire de tes temps libres !
Avec le voyage, en pack bobo, nous avons ensuite : l'album photo, (moi avec un petit Chilien qui tresse à la main un panier en osier-tu te rends compte- moi, au sommet du mont Picachacha-moi, après ma rando au lac Bidulili- moi, dans le désert de Gobi; moi, regardez comme moi je fais des trucs bien et tout seul-moi, quel célibataire solide qui ne se laisse pas aller et qui donne du sens à sa vie. (hum) (ou qui remplit le vide pour remplir le vide ? mais ne jetons pas la pierre : )

Quant à Paris elle même, elle tente aussi entre ses murs, de créer un parfum de province (et ça sent un peu, comme quand les chaînes de boulangeries « enseigne », type la Mie Câline, envoient des arômes pain au chocolat à grands renforts de souffleries géantes) : recréation de la province, mais artificielle. Sorte de Centerparks géant mimant la Province pour des spécimens humains en voie de décomposition psychique.
Alors donc, l’ esprit "village" est partout (tiens, un peu comme dans Nature et Découverte, où Karim et Stéphanie maquillés dans leur salopette verte comme sortie du sèche linge essaient de te vendre des râteaux vert rutilant pour désherber ton jardin (enfin, le terreau de ton bac à géranium) avec un sourire dentifrice (tu sais leurs prénoms, parce que c’est marqué sur leur badge).  Paris, c’est on crée l’esprit "nature", l’esprit "épicerie", l’ esprit "guinguette", l’ esprit province. Voir Bercy Village et mourir…
On passe son temps à courir après l'authentique : des bistrots authentiques. Des bars authentiques, de la bouffe authentique, des gens authentiques, à qui on dit que ça fait du bien, enfin, de croiser quelqu’un d’authentique.

On se rend bientôt compte qu'on se met à encenser des lieux comme ça, comme des petits bobos gavés à la farine marketing. Les gens s’attèlent à avoir l’air naturel : bohème attitude, look 68, nude attitude (ou comment se maquiller sans avoir l’air maquillé mais en étant quand même maquillé), décoiffé-négligé attitude (la mèche qui tombe sur le front, n’est jamais due au vent ou au hasard à paris, mais est le fruit d’un savant coiffage), nonchalance attitude (alors que franchement, quand on y pense, comment est-ce juste humainement possible, d’être nonchalant, à Paris). Tout est ainsi pensé, médité, mesuré, étudié, mentalisé. Le look… (d’ailleurs, quand on débarque, on croit toujours que les gens sont beaux, alors qu’ils sont bien fagotés-illusion d’optique parisienne la plus répandue).

Paris est un peu à la province ce que le jardin à la française est au jardin à l’anglaise…Evidemment les trois quarts de ce que vous admirez sont des reconstitutions…Paris, c’est la reconstitution idéalisée de la province, c’est la province repassée par le fil du souvenir, du paradis perdu, idéalisé dans une douce nostalgie…

En fait c’est un peu ce que la littérature est au « réel », ce que le style est au stade préverbal de l’existence d’une chose, à l’avant mot, au réel brut (existe-t- il en soi, d’ailleurs ?)

On ne compte pas le nombre de salons de thé avec des petites chaises d’écolier…le « vieux » qui fait d'époque (et qui est neuf, évidemment)  et tout le monde s’y met, participe, consciemment ou non…oh regarde ce petit troquet, tu vois, pas guindé, authentique, avec même des chaises d’écolier, des nappes à carreaux (les nappes à carreaux…)

Plus tu fais cheap (étudié) plus tu tapes dans le mille . Look vintage, Bellevilloise, Loir dans la théière, pique niques en bord de seine…Paris court après son ingénuité perdue avec une sophistication et un acharnement farouches, qui le rendent presque touchant.


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mardi 14 avril 2009

Au nom du Père, du Fils et de l'herbe coupée

Qu'est ce qu' ils ont tous avec Jésus? (ou contre, je devrais dire) (vous avez remarqué, je dis ils, précaution oratoire, j'espère que vous n'en êtes pas- sait-on jamais, hein)

Je comprends pas. Il suffit qu'on dise, Jésus, religion, qu'on mentionne noel, Pâques ou je ne sais quelle autre fête religieuse, pour assister à une levée de boucliers polémique, virulente et (pardon, mais) stupide, la plupart du temps. Ca vaut presque la mention de Sarkozy dans un repas de famille socialiste, le dimanche midi (si si, essayez).
C'est comme si, on ne pouvait pas trouver de juste milieu entre la foi la plus aveugle ou passionnée et l'anticléricalisme le plus virulent- et aveugle. Ca me hérisse, ça m'énerve, ça me cloue.
Mince. Que vous ayez été traumatisés par une vieille peau en cours de caté, je veux bien croire, je suis passée par là. Que l'Eglise ait déconné, à maintes reprises et à travers toute l'Histoire, je veux bien. Mais l'Eglise, bordel, c'est les Hommes, hein. L'histoire, c'est les Hommes, aussi.  Les scribes, c'est les Hommes aussi. Les papes, les évèques, les clercs, c'est les Hommes. Alors, que ceux ci se plantent, en nombre, pas tous mais fréquemment, par des prises de positions, des contradictions, des comportements ahurissants, des absurdités et des horreurs parfois insupportables, oui : ce ne sont pas des êtres évolués, ce sont des gens en plein dans leur ego au contraire, planqués derrière des habits ou des rites, on est d'accord. Mais pardon, mais je ne vois pas là de quoi incriminer Jésus, le message biblique et le SENS qu'il y a derrière tout ça. Parce que ce n'est pas un hasard si toutes les fêtes paiennes, (de la Nature) et les fêtes religieuses (chrétiennes, musulmanes, juives, hindouistes, soufies, et j'en passe) se recoupent TRES souvent sur le calendrier et sur le sens ! Ne pourrait- on pas enfin comprendre et réaliser que ce sont différentes lectures, images, d'un même "sentiment"? Que Eostre, déesse "paienne" de la fécondité, du renouveau et de la fertilité, soit fêtée pile au moment de la Pâques chrétienne, et que ces deux là tombent pile au moment de l'équinoxe du printemps, ça ne vous fait pas tilter, vous?
Oui, je crois que le calendrier chrétien, le calendrier musulman, et les autres, sont des calendriers allégoriques, reprenant les rythmes de la nature, de la vie intérieure et de la spiritualité.
La spiritualité n'est pas un dogme, elle est naturelle. Le spirituel, c'est le naturel. Les étiquettes, ça n'existe pas.
Pour moi, Jésus était un être éveillé. Ce que les papes en ont fait ne regarde qu'eux. Je ne vais pas à la messe, mais je pourrais. Je lis la Bible(et pas que)  avec grand plaisir, source de sagesse spirituelle quand on sait la décoder. Ben oui... pas en lisant père à barbe blanche pour dieu ou jardin étoilé pour paradis ou satan cornu pour Mal. Mais en lisant les allégories et les archétypes, quoi. En se fiant à l'intuition. Ah, les mots. Superbes mais aussi pièges à sens, quand on s'arrête à leur sens littéral. Que de malentendus pour des esprits fermés.
Bref. Il fait bon, il faut beau, je me sens bien, je souris à Eostre, à Jésus ressuscité, aux pâquerettes revenues, au pollen qui donne de l'asthme, et à tout ce gentil bouillonnement qui moi, me met de belle humeur.

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samedi 11 avril 2009

J'ai été aimée. J'ai été en contact, j'ai vibré, j'ai partagé, j'ai donné, j'ai bousillé, j'ai essayé. Je ne crois pas encore avoir aimé.

Posté par kinesthesique à 21:44 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 10 avril 2009

"Et là, j'ai eu un grand moment de solitude".

L'expression est agaçante mais vaut le détour, n'étant pas, à la réflexion dénuée de subtilité.

X  est en difficulté, gêné, perd son latin, se débat dans le vide, lutte avec un problème, fait face à une situation difficile, épineuse, délicate, "touchy" ou "tricky", et, entre l'irruption du problème et sa résolution, il y a, donc, ce terrible, bref et si long, ineffable, "grand moment de solitude."
Solitude de l'homme face au vide. Co-morbidité: le vide, c'est la mort. Moment de panique, moment où l'on s'ébat dans l'air,-je fais quoi-je dis quoi-, pause cardiaque, moment de palpitation, moment limbique, finalement : entre-deux incertain, zone de sas, sorte de non-temps, atemporalité, absence temporaire de sens.
L'expression "grand moment de solitude" n'est donc pas empruntée au hasard ni par bêtise. La solitude métaphysique n'est pas loin.

X est pris en flagrant délit de mensonge : Chérie, ma réunion s'est terminée un peu tard. Ah oui, qui la dirigeait? Monsieur Destourneaux. Tiens, il a appelé tout à l' heure pour savoir si tu pouvais venir à son bureau demain. X, là, a "un grand moment de solitude"-cliché qu'il ne manquera pas d'employer le lendemain lorsqu'il relatera l'incident à ses amis. Une fois les esprits retrouvés, et le mensonge blufficatoire trouvé, X va sortir du sas de Rien métaphysique, et les choses vont reprendre leur cours. Il est à noter que même ceux qui souffrent de l'éventuel mensonge ou de la trahison, se trouvent réconfortés lorsque le mensonge blufficatoire intervient: pourquoi? Ce  sas de Rien métaphysique est extrêmement dur à supporter, pour tous les protagonistes: non fluide, il est rupture du continuum relationnel, communicationnel. Perturbation climatique. Nous préférons souvent la fluidité. Chérie sera heureuse et soulagée de préférer penser que c'est Destourneaux qui s'est trompé. Elle préfèrera l'oeillère, au début, à la souffrance trop vive. Elle devra d'abord faire le deuil de son idéalisation amoureuse. Là, elle n'est pas prête.

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Posté par kinesthesique à 12:19 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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