mardi 24 mars 2009
Dysmorphophobique. Boulimique. Autoculpabilisée. Bipolaire: écarté. Maniaco-dépression: écarté. Névrose hystérique : écarté. Personnalité Borderline: positif. Perfectionniste. Utopiste. Psychorigide. Hyperactive. Enfant indigo. Esprit global. Fait des liens, trop de liens. Empathique. Hyperesthésique. Kinesthésique. Shopping addict. Adrénaline addict. Hypersensible. Phobique. Mythomane. Cleptomane.
J'ai passé la journée avec ça, aujourd'hui. En fait, c'est mon quotidien. C'est un peu trop, des fois. J'aimerais bien souffler. Me réconcilier-
samedi 14 mars 2009
(Ma) nature n'aime pas le (Plein)
La nature n’aime pas le vide. Et la nature n’aime pas le plein. A partir de ces deux phrases, l’équation du désir, de l’insatisfaction humaine, de la souffrance et de la jouissance éphémère. La source de l’action, aussi.
On développe ? Si je m’arrêtais là, en fait, vous connaitriez le désir, celui de lire la suite. Concept de la mise en bouche, de la suggestion et techniques de base du marketing et de la séduction depuis que le monde est monde (tiens à ce propos, je serais la dernière à parler de dépravation au sujet des techniques de pubs et marketing actuelles : elles sont juste parfaitement calquées sur les grandes sources primaires de désir humain : avidité, désir de possession : or, sexe, nourriture, plaisir des 5 sens. Et même sur les plus nobles d’entre eux, comme le désir de reconnaissance (qui restent, cela dit, ceux de l’ego au sens spirituel, par opposition à l’essence).
Mais bon donc, comme je ne suis pas là pour vous faire désirer (ça normalement aussi, ça marche : non, tu ne l’auras pas ! tu ne l’auras pas ! tu n’as pas le droit !), et que de toute façon, le désir vous connaissez, je vais vous livrer la suite dans une impudeur et un épanchement discursif totalement assumés.
Je pense qu’on est tous plus ou moins en butte avec ce truc insaisissable (et précieux) (et pour cause), du désir.
Désirer, c’est être attiré et souhaiter attraper quelque chose qu’on n’a pas, pas encore, ou plus. C’est le pompon du tour de manège qu’on n’arrivait pas à choper, par peur de ne pas être assez dégourdi en face des ptits forains. La colère qui jaillissait du fait de le louper. La rage, même. C’est être au bord d’obtenir quelque chose, qui s’échappe. Baudelaire, en parlant du soleil couchant : « Et je poursuis en vain Le dieu qui se retire », particulièrement éloquent sur ce coup là. Je sais pas pourquoi je ramène ma fête foraine en guise de temple du désir, pardonnez le kitsch, mais bon, voyez, un peu comme la pince à grappe qui nous fait avoir la peluche, la peluche, la peluche…qui tombe (à deux centimètres du but). Le désir, c’est une graine d’activée en nous, quelque chose qui est titillé, réveillé même, par quelque chose ou quelqu’un qui est à l’extérieur de nous. L’homme là bas, qui se tient à l’écart, qui a plongé les yeux dans les vôtres jusqu’au cœur, et qui ne le sait pas. C’est pas tous les jours ! C’est rare. On aime. J’aime, en tout cas. Après, je m’emballe souvent. Une sorte de début de frénésie qui se développe, monte, s’emballe, explose. L’explosion, je la sens, c’est quand je commence à en faire trop. A trop vouloir. A vouloir plus. A vouloir attraper l’homme, l’avoir pour moi, le garder. De deux choses l’une : soit il recule, effrayé –normal, je viens de tuer son désir, en m’offrant acquise, visible, offerte, gagnée. Soit j’ai, je possède, mais à la différence de la jouissance sexuelle, quelle misère de sensations ! J’ai, et instantanément, tout est fini. Désir mort. Excitation, éveil, éteints.
Alors, attendez. Je ne vais pas dire : la chose qui résiste, suffit à maintenir mon désir. L’excès ne fonctionne plus à un certain degré : ennui, lassitude, et pas assez de bourgeons, pas de petits secrets à creuser, pas de carré de chair légèrement découvert, pas de porte entrebâillée, pas le petit truc qui chatouille au creux de la bouche comme quand on sait qu’on s’apprête sentir fondre le chocolat sur la langue. Mais, quand même, je crois que je suis le plus souvent confrontée à l’extrême inverse. Je désire tellement fort, que j’ai, et la tension retombe, et mon ennui revient
Dans un couple, c est un peu la grande question…
Parfois, ça ne l’est pas vraiment, pour une chose précise, c’est que j’ai l’impression, que quoi que l’on « obtienne » -comme on parle d’humain et d’affects, l’opération est par nature labile, se dérobe…- un manque subsiste toujours. Soit qu’on place alors notre horizon utopique plus loin, soit qu’on le déplace, soit qu’on crée quelque chose, du négatif, une prise de tête, une tromperie, un mouvement, comme si quelque chose de déceptif était absolument nécessaire, essentiel, à la poursuite de la relation en question. Je dirais même, à la poursuite de la vie. C’est un peu la pyramide de Maslow, aussi. Une fois qu’on a le niveau un, la tension (et l’attention) se portent vers le niveau deux, comme à tétris, aussi, et ainsi de suite. Les grands vainqueurs de tournois sportifs, les numéros un des numéros un dans leur domaine, doivent connaitre cette drôle de mélancolie, de saturation, une fois qu’on ne peut pas aller plus haut. Comme quand on a fini de manger, qu’on n’a plus faim et qu’il y a cette légère tristesse. Post coitum, animal triste…et puis, l’homme étant (bien) ainsi fait, il rebondit, quelque chose d’autre se propose à lui, dans la valse sans fin des choses à désirer. Avidité sans fin ? Tension vitale ontologique ? Peut être que les gens animés de pulsions morbides, du moins ceux qui passent à l’acte, ne supportent juste pas la violence du désir. Car désirer, c’est vibrer dans une sorte d’excitation, d’enthousiasme, mais de souffrance évidemment. L’insatisfaction qui est en creux est parfois trop forte, insupportable.
Loin, bien loin des « comment ranimer la flamme du désir »-pour moi, tout ce qui relève de la technique, de l’astuce de pro (hem) est factice et superficiel car cela ne vient pas du fond de soi. Toutes les chances, donc, de tomber à plat, votre petit strip tease répété avec les conseils de Fémina sous les yeux. Par contre, en s’écoutant (mais en s’écoutant vraiment) j’entends, en écoutant ses tripes , et avec tous les risques que ça comporte , de découvrir ses vrais désirs –instincts de domination, manipulations sadiques, libido exacerbée, pulsion de jeu, et tous les endroits où ça peut nous mener, finalement et dont on ne soupçonne pas l’existence, là, on le ressentira, ce trip qui vaut toutes les coke du monde. Un peu abstrait ce soir, mais je vais quand même pas vous parler de ma vie privée, hein.(elle tease, elle tease).
perturbations perceptives
L’autre jour, en errant sur les sites de rencontres, en regardant les visages, photographiés, lissés, noir et blanchisés, posés, la guitare avec, l’appareil photo avec, le regard de biais, le vent dans la chevelure un peu sauvage..
Je me disais que Paris m’excite. Dans le sens où c’est le temple du désir. Le temple du désir, parce que Paris est fondamentalement déceptif (et que selon moi, le désir carbure à la déceptivité, inscrite en creux de ce qui est « offert »)
Une superbe vitrine. Combien de fois je me suis attardée sur un dos, une chevelure de dos, une allure globale, jusqu’à suivre des yeux, attendre que la fille se retourne, et là, déception à la hauteur de ce que la vue de dos m’avait fait miser…les Parisiens (et ça m’avait frappé dès que j’y suis arrivée, il y a quatre ans) ont clairement le sens du soin, du détail et de l’esthétique. Les filles, il n’y a pas à dire, savent se maquiller, optimiser leur type de physique, le rendre au meilleur de ce qu’il peut donner, et s’habiller, en harmonie avec leur silhouette, sublimant, rectifiant, gommant les lignes là, en créant d’autres ici, rééquilibrer, jouer des couleurs, bref. Un packaging superbe, une opération marketing réussie.
Le désir fonctionne donc : je me retourne, l’œil capté…et après, je suis déçue. Parce que le visage n’est pas à la hauteur, parce que le charisme n’est pas là, parce que l’énergie n’est pas sauvage, parce que le tout est fade, plat. Avec aussi, un léger effet homogène, « les Parisiennes », comme toutes des jumelles (ou j’ai la berlue de la provinciale, encore).
Je vais pas cracher dans la soupe, hein, d’une, j’aimerais savoir m’habiller et me looker avec tant de précision et de savoir faire, y ressembler parfois, mimer, mimer…de deux, une étrange jalousie m’étreint même pour ce profil face moche, en me disant les autres, le voient beau complètement, se font avoir comme je me suis faite avoir, et ma beauté naturelle, hein ! passe après ! Hein ! Hem. Dans les jours extrêmes, je voudrais militer pour que tout le monde soit nu (et quand je dis nu, c est nu ! parce que même avec la lingerie, elles trafiquent !!!) et là, tout le monde à égalité, on verrait qui dégage la plus belle énergie, la plus belle sensualité, la plus belle féminité. Je m’aigris, là ?
Mais donc Paris, Paris Paris, tu m’énerves, tu me saisis le regard en permanence, je me fais avoir et ré-avoir à tous les coups, je jette l’œil, et je ne marche plus droit, des fois, tellement je suis déconcentrée. Comme l’expérience est (quasiment) toujours déceptive, le désir est intact, jamais comblé. Mais je suis pas tranquille.
jeudi 12 mars 2009
(authentique) récréation
"Disons que je suis souriante, pleine de la joie de vivre, que j'ai le sens de l'humeur, que l'expression: "ne pas avoir le moral" n'existe pas pour moi, que j'aime bouger et profiter des petites choses que la vie nous donne,...... peut etre tout ca souffira pour que vous commenciez a me parler"
"Je suis belle et jeune femme. J'aime passer du temps en riant. J'aime marcher et a visiter des endroits interessants. Je tiens a vous familiariser avec cet homme. Je voudrais, et qui, comme moi. Je veux que la relation. Et sur ce, j'ai decide de tenter votre chance ici. J'espere tres sincerement que je serai en mesure de rencontrer l'homme de vos reves. Parce que je veux aimer et etre aime."
Opium du Peuple
Ame soeur...??
Sites de rencontres, forums de discussions, articles de magazines..partout on nous propose la rencontre amoureuse comme antidote suprême à la déprime, au vide, à l’ennui et à toutes les formes de mélancolie. But ultime, panacée, porte de sortie, exutoire sublime, personne ne semble remettre en question cette quête sotériologique, et tout le monde semble d’accord sur le Salut qui se cache derrière le, ou la partenaire…
Je sature...pardon mais, n'est ce pas un peu l’arbre qui cache la forêt…la misère affective d’une personne en tant qu’individu unique, qui n’arrive pas à se construire, à se trouver, à s’assumer, à s’épanouir, et qui va poser sur la plaie ouverte le doux pansement de la fiction d ‘amour….
Un problème de couple ? Les (mauvais- un bon saura déceler le véritable manque…-) psy déboulent, se masturbent, lyriques, épiques, les conseils fleurissent, les sexologues en rajoutent, les people se farcissent d’interviews pédagogiques dans Elle et Psychologies Magazine, bref, on est parés, blindés, regonflés, masteurisés, reboostés, motivés à le ou la rencontrer, galvanisés, cernés…
Tout le monde semble adhérer et croire au nouveau mythe, le grand conte du XXIe siècle, la nouvelle religion (Malraux s’était planté, avec son aphoristique « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »), la spiritualité qui rallie les foules…le consensus semble total : famille, amis, tout le monde se fend de son petit couplet sur le couple…trouver la bonne personne, savoir séduire, votre atout séduction, comment aborder un homme, la débauche de mots est dégoutante (et je sais de quoi je parle), à faire vomir, si loin de la réalité d’un sentiment amoureux, si loin surtout de la réalité complexe d’une intériorité humaine qui se cherche, de cette solitude qui cherche son sens, sa voie, sa mission ici bas…oh, je ne suis pas une anti couple ni une militante du célibat ! L’ermitage ou le retrait forcé, cynique voire misanthrope, n’est ni plus ni moins que l’autre bout du même bâton…cette gigantesque fable relationnelle…
Alors, bien sûr, c’est très pratique : on va mal ? passage à vide ? mélancolie subite ? C’est l’autre, qui n’a pas été : assez attentionné, assez présent, qui a été : trop étouffant, dirigiste, malveillant, irrespectueux, odieux ! Odieux ! mais comment peut-on être aveugle à ce point…la naiveté de celui qui accuse l’autre de son état, j’avoue que je la pardonne de moins en moins : pour être passée par ces écueils, et en connaitre l’illusion, et pour entendre ces trop nombreux gens qui viennent cracher leur mélasse dégoutante, leur fiel, sur des ex, des ennemis, des salauds,des salopes. Putain mais merde. Relisez vos histoires. Regardez vous agir face à votre partenaire. Observez vos stratégies de fuite à deux balles. Voyez votre part dans l histoire ! Mais non...paresse d'esprit, peur de ce vide en soi, renoncement facile à la lucidité...la fuite dans le schéma du couple est dans l'air du temps.
Le jour où les gens cesseront de s’accrocher à la bouée du couple, ou de l’"amour", (je prends des pincettes, dans l'acception qu'ils en ont, bien sûr...) le jour où ils sauront s’occuper d’eux-mêmes –et par là j’entends, apprendre à s’aimer, apprendre à satisfaire ses besoins, assumer ce qu’ils sont, gérer leurs frustrations, accepter de se débattre avec du vide, du non sens, des peurs, reconnaitre cette liberté énorme (et flippante, ça je dis pas!) offerte par le vaste chantier de se construire- alors ils seront prêts , peut être, à l’amour-le vrai- celui qui consiste à aimer l’autre, vous me suivez?
Je ne me mets pas en posture d'en être capable encore. Mais je ne me sers pas du couple, le Grand Prétexte Intouchable et Sublime du XXIè siècle, pour justifier mes vides et mes incomplétudes.
samedi 7 mars 2009
La vie est un songe
C'est désirer que j'aime