lundi 2 novembre 2009
jour bleu
Il pleut. Je zappe sur le net, confite dans mes trois pulls. Le moindre mouvement déplace l'air froid et me frissonne le corps entier. J''écoute Tiny Vipers. J' ai pas la grippe, j'ai la mélancolique.
dimanche 1 novembre 2009
fin de phase
Ce matin, c'est la Toussaint, il pleut, le vent souffle en rafales. Les femmes sans âge vont pouvoir sortir la polaire rouge et le pantacourt pour aller se promener à la plage après le cimetière et avant le café quatre quarts. Je mettrai mon bikini fétiche, qui a affronté Majorque, Marseille, les Buttes Chaumont et Brignogan, pour aller faire un bain de toussaint. Elle est à 14/15, mais merde, s'arrêter à fin octobre, ça fait moins classe. Semaine terrible : course à pied quotidienne, bains de mer, de la dune, du soleil et des mouettes, des sorties chez des gens, un ciné, un Hadyn en quatuor à cordes, une désintox msn, pas de déprime sur mon célibat et ma vie ratée, pas encore ratée finalement, pas de boulimie intempestive, ex maintenu à distance, sensation naissante d'existence individuelle, impression de relative liberté. Moi qui ai lu un seul livre en 5 ans depuis ma dépression post agreg, j'ai lu 4 pages d'Italo Calvino hier avant de m'endormir, et j'ai pris des photos de moi, maquillée, puis démaquillée,notant une indulgence toute nouvelle dans l'examen des dernières. Oh je vous entends mesquiner (enfin pas vous; le lecteur qui n'aime pas les blogs narcissiques, reflets pitoyables d'existences médiocres (ça me fait toujours marrer...nos existences sont la plupart du temps médiocres, sauf à de rares moments où nous nous transcendons, et je vois pas pourquoi on devrait se mortifier et s'en vouloir). Il n'y a pas de petite victoire, hein. (je vous jure, je trouve ça génial). Pour un peu je pourrais dire que je vais bien, sans cette bizarre superstition qui fait péter les chateaux de sables une fois que l'ouvrage est contemplé. (ça viendrait pas de mon terminator de frère, cthistoire?) Je vais donc m'en tenir à je me retape. Entendu dans "le dernier pour la route", beau film avec François Cluzet: tout part en sucette, si j'ai pas le pouvoir de sauver le Pakistan, j'ai le devoir de me sauver. Je milite donc ici humblement (mais fièrement) pour le confort personnel, le plaisir futile, la fuite par le rêve, le chat sur les genoux, la douche brûlante, le déo à la vanille, et tant pis pour le réchauffement climatique, de toute façon j'aime avoir chaud. Une bretonne parisienne s'est tuée au Cap Fréhel vendredi, en remettant son appareil photo dans son sac banane, elle a perdu l'équilibre, chute de la falaise. On va mourir, on sait pas quand. Il est temps que je sois heureuse, et je m'en fous comment et si c'est pas correct. Take Care everyone.
vendredi 23 octobre 2009
cousue de fil blanc
Vendredi 23 octobre 2009 : cette histoire est finie. Il a fallu trois ans pour s'en rendre compte. Trois ans de jalousies, de solitude, de vêtements qui sentent la clope et d'auto censure : ce mec n'est pas pour moi. Je l'avais rencontré sur meetic, je l'avais trouvé beau, latin, d'immenses yeux noirs brillant du feu insolent. Je savais à quoi je m'exposais, je le savais même pertinemment : au premier rendez vous, hôtel de ville, il est arrivé, et moi, "je l'aurai". Pas de papillons dans le ventre -d'ailleurs qui a inventé cette métaphore, la copine de nicky larson? J'ai l'impression de jouer à juliette je t'aime mélangé avec Gigi et Ranma un demi, avec le papillon qui traverse l'écran sauf qu'il serait censé être dans mon ventre, enfin bon, toujours est-il que ce papillon- là était bien planqué dans son bocal, épinglé, tendu, prêt à partir à la compet', pas amoureux pour un sou. Mon frère, mon stimulant, mon ami, un jour peut être, mais pas mon homme, définitivement. Le sexe + la tendresse + la complicité + la lucidité, je croyais que ça faisait l'amour, je me trompais, ça faisait le gros bordel. La séduction. L'adrénaline. La prise de tête. Mais pas beaucoup de vraie tendresse, finalement. C'était un peu Spartes contre Athènes, Zeus contre Héra, X men contre Mathilde Seigner. Well, I'm out, and I'm fine.
mardi 20 octobre 2009
Hem. Ca me fait toujours bizarre de revenir ici quand ça va bien et de relire les horreurs moribondes que j'ai déversées dans mon gentil petit blog exutoire. Après ces appels à l'aide, j'ai presque l'air bête, et puis pour tout dire, j'ai peu de foi en la capacité des autres (oui oui, je parle de vous, lecteurs) à me faire aller mieux (et c'est normal, parce que le propre de mon mal est une forme d'autisme émotionnel). Donc, je vais mieux. Le propre de celui qui a des hauts et des bas, (cette manie de réutiliser la même expression à deux phrases d'intervalle) , une espèce d'amnésie des moments de cauchemar qui se rappellent pourtant vite à vous, mais cèdent la place sans transition et sans vergogne à la sécurité intérieure la plus sécurisante. Ouf, et enfin. Je marche dans la rue, et je ne flanche pas à l'intérieur. Je réalise que j'ai le droit d'être là, dans la rue, que j'ai ma place ici. C'est quand même dingue de pouvoir douter d'un truc pareil. Mais bon, je suis dingue. Au fond, quoi. Pas vraiment d'aspect. Bien élevée, élève modèle, et sous l'épiderme, sodome et gomorrhe en baston avec les anges déchus, la Culpabilité, l'Amour, le sexe, la vengeance, une gamine de 12 ans effrayée par les adultes, une vieillarde amère et rabougrie, voûtée, et deux trois paquets de biscuits sablés au chocolat dans une bulle de BD au dessus de ma tête, qui pourrait s'en douter, ce vaste bordel que je trimballe. En tout cas, bonjour à tous, I'm back.
mercredi 30 septembre 2009
ok...je vais crever dans mon jus, toute seule comme une grande
locked in syndrom
je vais imploser
jeudi 17 septembre 2009
scène de la vie borderline
Quand vient le moment de rentrer chez moi après le boulot, c'est dur : le trajet est une épreuve sans nom (je n' exaggère pas). L'intensité de la souffrance dépend de mon niveau d'énergie du jour (qui lui dépend de mon sommeil, de trucs externes mais surtout de fluctuation d'humeur que je ne maîtrise jamais). La rue, d'abord- le trottoir, le fait de croiser des gens, rien que ce simple fait : savoir comment les croiser sans les heurter, et savoir affronter leur regard, le négliger ou réfléchir à choisir lequel des deux. Ne pas s'effondrer intérieurement à chaque regard froid ou neutre (pas besoin qu'il soit ostensiblement malveillant). Ensuite, le métro. Se tenir. Choisir sa place. Culpabiliser d'être debout, de prendre trop de place, de bloquer une entrée, de frôler quelqu'un, d'être mal maquillée, d'être mal coiffée, culpabiliser d'être là tout simplement, d'exister.
Souvent, c'est dans ces moments là que grandit une insécurité intérieure énorme. Je panique à l'intérieur, j'ai chaud, je voudrais fuir, je ferme les yeux, parfois quand c'est intenable. M'asseoir sur un strap est un soulagement quand je le peux. Je n'ai jamais (de ma vie) été m'asseoir sur les sièges du milieu où les gens sont quatre à quatre.
C'est dans ces moments de trajets où tout s'écroule à l'intérieur de moi, que je fais une pause à la boulangerie pour "chercher du réconfort"; précisément pour "m'accompagner", pour ne pas être toute seule dans ma panique, pour mettre quelque chose autour, pour la protéger. C'est toujours ça la première tablette de chocolat, la première boîte de biscuits. La dernière fois, c'était mardi soir. Rentrer du boulot, j'ai tenu. Arrivée chez moi, je devais prendre mon sac de fringues et aller à la laverie et ce sans pause (or faire une pause dans mon "antre" m'aide à reconstruire mon intérieur avant de ressortir dehors, à l'extérieur, dans les "gens"). Je suis sortie, j'ai fait 500 mètres (cette rue est pleine de rebeus et d'actifs trentenaires qui rentrent du boulot), j'ai mis mon linge dans la machine et j'ai filé acheter des barres de céréales. Etre dehors au milieu des gens, sans "protection" me rendait dingue. Comme si ma peau ne suffisait pas, comme barrière naturelle, comme si tout (enlevez le comme si) pouvait m'atteindre, précisément m'entamer. J'ai racheté des biscuits, encore, encore. J'ai séché mon linge, j'ai acheté du lait et des céréales, et encore des biscuits, comme un carburant pour pouvoir rentrer jusque chez moi. J'ai picoré mon carburant en état de semi panique jusqu'à la porte de chez moi. La suite de la crise boulimique, c'est juste l'engrenage, la culpabilisation, l'énervement d'en être là, de se voir désarmée "pour si peu" (au vu des critères "normaux").
Un jour, j'aimerais que les gens qui croient que je ne fais pas d'efforts (il y en a moins maintenant que j'essaie d'expliquer à mes proches notamment), ou que ce que j'ai "ils l'ont aussi"'c'est ce qu'ont 80 pour cent des gens et que je ne prends pas assez sur moi, j'aimerais que ces gens vivent une demi seconde de ce sentiment de panique dehors. Et puis bon surtout, j'aimerais arrêter de m'écrouler devant ce qui n'est que le simple déroulement de la vie : des gens qui passent...
Aujourd'hui, ça va mieux- : )
mercredi 16 septembre 2009
un beau fiasco dont je suis l'unique auteur
j'espere que je vais avoir la grippe A et crever